Des oliveraies à haute densité pour remplacer la vigne dans les Pyrénées-Orientales ?
Yann Kerveno
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune
Ghislain Gaubert a récemment racheté l'exploitation du Mas Saint-Barbe pour y développer des oliveraies conduites en haie fruitière et construire un moulin à huile à grande capacité.
150 hectares de vergers d’oliviers conduits en haie fruitière auront été plantés d’ici la fin de l’année en Roussillon. Une autre façon de voir l’oléiculture qui vise à développer une filière huile d’olives françaises à destination de la grande distribution.
Les travaux ont occupé de longs mois le long d'une des pénétrantes de Perpignan face à la prison, là où l'urbain vient se confronter à la campagne. Malgré les imposants travaux de terrassements, ce ne sont pas de nouveaux immeubles qui sont sortis de terre mais bien un verger d'oliviers, plantés au cordeau, cinq mètres par deux, équipé d'irrigation...
L'exploitation est celle du Mas Saint-Barbe, racheté tout récemment par Ghislain Gaubert. À 65 ans, et après une longue carrière dans la distribution, il revient à la terre avec de l'ambition et la liberté offerte par l'absence d'antécédents.
«J'ai d'abord racheté une propriété aux jardins Saint-Jacques, puis le Mas Sainte-Barbe, il y a avait 20 ans que je cherchais,explique-t-il.Au départ, mon idée c'était la vigne, j'ai grandi dans l'Hérault, il y avait une certaine logique. »
Mais cet économiste de formation est bien conscient de l'impasse dans laquelle la viticulture est en train de s'enfermer. Il regarde du côté des amandiers, avant de renoncer : « Il n'y a pas de demande pour l'amande française et nous ne serons jamais aussi compétitifs que les Californiens qui sortent à un euro du kilo ».
De son hypothèse de départ reste alors un peu de vigne, et surtout l'olive : « On nous promet le climat de l'Andalousie en 2035 ici, alors pourquoi ne pas regarder ce qu'ils font là-bas ? En l'occurrence de l'olive ! ».
Reste à regarder le marché. S'il se consomme un peu plus de 100 000 tonnes d'olives en France chaque année, la production française ne satisfait aujourd'hui que 4 % de cette demande, selon les chiffres de France Olive...
Newsletter
Ma Tribune
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.
«Les huiles d'olives importées d'Espagne sont vendues ici à environ 10 euros le litre, et les huiles françaises à 30 euros ou plus,ajoute Ghislain Gaubert.Il y a donc de la place pour de l'huile d'olives française autour de 18,15 euros le litre. Les consommateurs sont capables de mettre quelques euros de plus pour une origine France à condition que le goût y soit.»