L’année 2021 était la première année complète sous crise sanitaire. Pourtant, et malgré un manque d’offres qui n’est pas nouveau, le marché de bureaux a battu des records sur la métropole de Montpellier. Décryptage.La crise sanitaire allait-elle rebattre les cartes durablement dans les organisations du travail ? Le télétravail, largement sollicité durant les périodes de forte circulation du Covid, allait-il se généraliser ? Après presque deux années de crise sanitaire, les performances sur le marché de l'immobilier de bureaux en 2021 étaient attendus pour apporter des réponses. L'Observatoire de l'immobilier et du foncier d'entreprise de Montpellier et son territoire vient de délivrer ses chiffres
En 2021, ce sont 112.369 m² de surfaces tertiaires qui ont été placés, un « record jamais enregistré depuis la création de l'Observatoire en 2005 ». La hausse est de + 57% par rapport à 2020, durant laquelle l'activité avait été ralentie, mais elle est aussi de + 10% par rapport à 2019.
« 2021 est une année importante car c'est la première année pleine en période de crise, et les résultats sont très bons,analyse Michel Peinado, directeur de l'agence Arthur Loyd Montpellier-Nîmes et porte-parole de l'Observatoire. Les entreprises ont réagi de manière favorable avec beaucoup de confiance dans le bureauet peut-être plus rapidement qu'on pouvait imaginer. Même si on n'est pas sortis de cette crise, les entreprises se développent malgré tout... Une dose de télétravail se généralisera peut-être dans les prochaines années mais les entreprises ont ressenti le besoin de se regrouper. Le télétravail ne s'oppose pas au bureau.Certaines peuvent être tentées de réduire leurs espaces mais elles vont plutôt vers un aménagement différent, avec moins de postes de travail attitrés au profit du flex-office, et de nouveaux espaces où travailler ensemble, s'isoler... »
Selon l'Observatoire montpelliérain, « les grandes places tertiaires de France devraient pour la plupart être également orientées à la hausse ».
« On sait que c'est déjà le cas à Nice bat ou à Nantes,ajoute Michel Peinado.Certes, il y a une effet rattrapage de 2020. Mais le fait d'avoir été obligés d'éclater les équipes a permis de mettre en évidence l'importance et les valeurs du travailler-ensemble. »
Bureaux : marché sous tension
La surface moyenne augmente, avec un retour très significatif des transactions de plus de 1.000 m², fruit des recherches reprises par les grandes entreprises qui, par précaution, avaient mis leurs projets en stand-by en 2020.
Mais ces bons résultats ne doivent pas dissimuler une inquiétude qui perdure chez les professionnels de l'immobilier : un stock de produits très faible qui, en 2022, va laisser le marché sous tension, notamment sur les segments des bureaux neufs et des offres à la vente, en attendant une vague de livraisons en 2023 dans les quartiers Cambacérès, Hippocrate, Nouveau Saint Roch ou encore Aéroport.