Le Perrier coule à flot devant la buvette de fortune mise en place par la CGT, devant les grilles de la verrerie Owens Illinois (O-I) de Vergèze (Gard). Malgré une chaleur accablante, plus d'un millier de personnes sont présentes. L'usine est située à proximité immédiate du site d'embouteillage de la source Perrier (Nestlé Waters), dont O-I Vergèze est le fournisseur exclusif en verre. Dès lors, cette consommation vaut soutien aux 164 salariés de la verrerie, dont l'emploi est menacé après l'annonce de la fermeture du site par la direction internationale d'O-I, début avril.
Sur place, tout le monde veut croire qu'un repreneur se manifestera... dès lors que Perrier - à qui 80 % des bouteilles soufflées ici sont destinées - sera de nouveau autorisé à produire de l'eau minérale naturelle. Une autorisation en sursis, après l'aveu par l'exploitant de l'usage interdit de filtres, et sur laquelle le préfet du Gard, Jérôme Bonet, se prononcera dans moins d'un mois. Las, si OI a candidaté à l'appel d'offres pour continuer de fournir l'usine gardoise du groupe Nestlé Waters, cela ne se fera de toute façon pas à Vergèze.
«Il y a des investissements à faire sur le four, mais notre direction préfère fermer ici et délocaliser la production. On ne peut pas laisser disparaître ce savoir-faire. Avec 35 ans d'ancienneté, je ne me fais pas de souci pour moi, mais pour les jeunes collègues et les copains», note Renaud Théral, technicien au sein de la verrerie aujourd'hui sur la sellette.
A ses côtés, Guillaume Boisson, élu CFE-CGC de la verrerie, ajoute, amer : « Quand on parle de bilan carbone à la direction du groupe, elle nous répond sans rire qu'il n'y aura déjà plus la pollution de nos voitures pour nous rendre à l'usine ».