Nouvel accident de croissance pour Vestas

 |   |  321  mots
Fragilisé par le ralentissement du marché européen, le numéro un mondial de l'éolien supprime 3.000 emplois, soit 13 % de ses effectifs.

Après les avertissements sur résultats, les réductions d'effectifs. Confirmant le caractère « horribilis » de son année 2010, le numéro un mondial des éoliennes, Vestas, a annoncé mardi la suppression 3.000 emplois, en raison du ralentissement de la demande européenne. Les coupes, sévères, représentent 13% de l'ensemble de ses effectifs. Cinq unités de production seront fermées, quatre au Danemark, son pays d'origine, et une en Suède, en raison de coûts jugés trop élevés. « Nous avons beaucoup trop d'employés en Europe par rapport à nos commandes », a expliqué le groupe. « Nous devons reconnaître qu'un niveau plus élevé d'activité n'est pas réaliste, au moins à court terme », a souligné l'entreprise.

Le titre chute depuis janv ier

Depuis le début de l'année, Vestas s'est laissé surprendre par un marché de l'éolien moins dynamique que prévu, notamment en Europe, région qui représentait deux tiers de ses ventes en 2009. En Bourse, le titre a perdu plus d'un tiers de sa valeur depuis janvier. À la fin du deuxième trimestre, Vestas avait publié un sévère avertissement sur résultats - son deuxième en 2010 - en même temps qu'une perte semestrielle de 200 millions d'euros. Invoquant des décalages de commandes aux États-Unis, en Allemagne et en Espagne, l'entreprise danoise avait alors retranché pas moins de 1 milliard d'euros au chiffre d'affaires attendu pour 2010, ramené à 6 milliards, soit 10 % de moins qu'en 2009. Malgré ces signaux défavorables, elle a continué en 2010 à recruter massivement, avec 3.000 nouvelles embauches depuis le début de l'année.

Le problème de croissance de Vestas pourrait ne pas être qu'éphémère. Mardi, le fabricant d'éoliennes, qui a aussi publié des résultats en recul pour le troisième trimestre, a en outre annoncé un objectif de prises de commandes 2011 de 7.000 à 8.000 MW. Un niveau inférieur à celui qu'il vise en 2010, de 8.000 à 9.000 MW.

Olivier Hensgen

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :