LA TRIBUNE AUVERGNE RHONE-ALPES - Votre structure, l'ARS, vient de terminer une année particulière, où elle s'est retrouvée aux avant-postes durant ces deux dernières vagues, et encore plus particulièrement sur la seconde, où la région AuRA était devenue l'un des épicentres du virus. Quel est le premier bilan que l'on puisse tirer de la gestion de ces deux premières phases de l'épidémie ?
JEAN-YVES GRALL - "Nous avons en effet été le premier territoire à avoir un cluster de coronavirus il y a près d'un an, puisque le 7 février marquait le début du cluster des Contamines Montjoie, en Haute-Savoie.
Lors de la première vague, nous avons réalisé une campagne de contact-tracing très rigoureuse jusqu'à début mars, une période qui a marqué l'apparition du cluster de Mulhouse et qui a ensuite essaimé sur la France entière et nous a débordé. Nous sommes passés à cette période en phase active de circulation du virus qui s'est traduit par une montée des personnes contaminées, dont environ 3% ont été hospitalisées, ce qui a généré un taux de 15 à 16% d'hospitalisations en réanimation.
Au plus fort de cette première vague, nous avons eu 3.055 personnes hospitalisées le 13 avril en Auvergne Rhône-Alpes, avec un pic le 6 avril à 783 personnes en réanimation. Sur cette première vague, nous avions pu apporter notre secours à des régions plus touchées comme la Bourgogne Franche-Comté, qui a réalisé 42 transferts vers nos hôpitaux, ainsi qu'une vingtaine pour la région Ile-de-France."
Malheureusement, la seconde vague a été beaucoup plus forte...
"La seconde vague épidémique a redémarré, plus forte que la première, fin août et début septembre, avec des taux d'incidence qui sont montés jusqu'à 1.200 dans la Loire, et notamment la métropole de Saint-Étienne, en octobre.
Dans un premier temps, le Rhône, la Loire, et l'Ain ont été touchés, puis dans un second temps, l'arc alpin avec le département de la Savoie, de la Haute-Savoie, et l'Isère à mesure que la situation des autres territoires s'améliorait.