Depuis quelques semaines, un nouvel appareil trône au cœur du centre de dépistage de Lyon Gerland. De la taille d'un réfrigérateur, il a une tout autre utilité : mesurer et analyser la composition de l'air expiré par les patients au sein d'un tube, selon un principe semblable à celui de l'éthylotest.
La méthode se veut aussi simple et rapide qu'un test d'alcoolémie, mais se pose comme une première mondiale à ce stade, car les scientifiques travaillent désormais à ce qu'elle puisse détecter, grâce à un moyen non-invasif, des patients positifs au Covid-19. Le tout avec un appareil existant et déjà commercialisé pour d'autres applications, liées à la qualité de l'air.
Concrètement, son principe n'est pas de reconnaître directement le virus, mais d'identifier les composants organiques, présents dans notre souffle, dont le comportement évolue lorsqu'ils se retrouvent en présence du virus. « L'air que nous expirons peut contenir jusqu'à plusieurs milliers de molécules, produites par notre métabolisme. Sa composition peut ensuite varier en fonction de notre état de santé, et notamment lors d'une infection virale comme celle du Covid, où nos cellules fabriquent des protéines virales et délaissent une grande partie de leurs activités normales », rappellent les scientifiques engagés dans le projet COVIDAir.
Avec un premier résultat qui pourrait être délivré en une dizaine de secondes seulement, et ouvrir ainsi la voie à différentes applications en conditions réelles, au sein de lieux très fréquentés comme les aéroports, salles de spectacles, etc.