La startup grenobloise est sur le point de boucler une levée de fonds de 10 millions d’euros. Elle lui permettra d’optimiser et d’industrialiser sa technologie de recyclage des panneaux solaires photovoltaïques en fin de vie. Objectif : récupérer le silicium, l’argent et le cuivre, trois matériaux difficilement récupérables avec les technologies actuelles pour les revendre, sous leur forme pure, à des industriels utilisateurs. L’enjeu est stratégique, notamment pour le silicium, mais aussi environnemental.L'opération est sur le point d'être clôturée. Au total, Rosi Solar va lever environ 10 millions d'euros dont 4 accordés par l'EIC (European Innovation Council) dans le cadre de son appel à projets Green Deal. Ils avaient été sécurisés à l'attention de la startup par l'organisme européen en 2020 mais leur déblocage était soumis à un engagement au moins équivalent d'investisseurs privés. Engagement sur le point donc d'être officiellement acquis.
Ce tour de table doit permettre à la startup iséroise de porter notamment son investissement pour le lancement de sa première usine de recyclage de panneaux photovoltaïques qui sera installée près de La Mure. 3,5 millions d'euros seront nécessaires, juste pour la partie industrielle du site.
Après le feu vert de la DREAL espéré d'ici la fin de l'année, le site pourrait être mis en service au cours du premier trimestre 2023.
Traiter 10.000 tonnes de panneaux photovoltaïques en 2024/2025
Ce site sera dimensionné pour traiter 3.000 tonnes de panneaux photovoltaïques par an (un panneau moyen pèse 20 kg, ndlr), et récupérer ainsi environ trois tonnes d'argent et 90 tonnes de silicium pur. En 2024/2025, une montée en puissance industrielle devrait permettre de recycler au moins 10.000 tonnes de panneaux.
L'enjeu est stratégique puisque le silicium est considéré comme un matériau critique par la commission européenne mais aussi environnemental comme le pointe Yun Luo, polytechnicienne et physicienne, co-fondatrice de Rosi Solar en 2017, avec Daniel Bajolet (ex VP- de Rhodia et expert du silicium) et Guy Chichignoud (chargé de recherche au CNRS - laboratoire SIMAP à Grenoble- et spécialiste de la purification du silicium) :
« Le silicium est la matière opérationnelle, dans le panneau photovoltaïque, qui permet de transformer la lumière en énergie. Il est essentiel mais il nécessite de très nombreuses ressources naturelles. Pour fabriquer un kilo de silicium, il faut en moyenne deux kilos de bois, trois kilos de quartz qui viennent souvent de très loin, ainsi qu'un kilo de charbon. L'impact environnemental de la fabrication du silicium est énorme ».
Stéphanie Gallo Triouleyre