Pour Bolloré, l’avenir passera par des batteries « tout-solide » développées à Grenoble (et non plus par le lithium-ion)
Stéphanie Gallo Triouleyre
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La batterie tout-solide permettrait, grâce à son électrolyte solide, de régler certains écueils rencontrés dans les batteries au lithium-ion. Mais son développement n'est pas sans défis comme en témoignent les travaux actuellement réalisés par Blue...
Li²
C'est en région grenobloise que Blue Solutions, la filiale e-mobilité du groupe Bolloré, est venue chercher les compétences de pointe du LEPMI, laboratoire de Grenoble INP. Objectif : accélérer le développement de batteries tout-solide, destinées au marché du véhicule électrique grand public. Le partenariat est d’envergure, plusieurs millions d’euros sont engagés, pour un marché au potentiel gigantesque.
Blue Solutions produit des batteries « tout-solide » depuis 2011. Contrairement aux dizaines de startups, un peu partout dans le monde, qui essaient de se positionner ces derniers mois sur la question, la filiale e-mobilité du groupe Bolloré n'est pas une nouvelle entrante. Elle a déjà équipé des milliers de bus.
Mais elle souhaite aujourd'hui passer très vite à la prochaine étape : soit développer une offre pour les véhicules électriques particuliers, un marché boosté par l'interdiction à venir de la vente de véhicules thermiques neufs, et dont le potentiel n'a rien de comparable avec celui des bus.
Pour y parvenir, Blue Solutions doit lever des verrous technologiques, à l'instar de plusieurs acteurs, (notamment le Chinois Prologium ou les américaines SES et Solid Power qui ont levé des dizaines voire des centaines de millions de dollars ces derniers mois). Et elle doit faire vite car tous les constructeurs automobiles ont désormais intégré la batterie tout-solide à leur plan de match des prochaines années.
Un laboratoire commun
Pour l'accompagner sur cette complexe voie technologique de la batterie tout-solide, la filiale de Bolloré (80 millions de CA en 2021 ; 400 salariés) va s'appuyer sur l'expertise du LEPMI (Laboratoire d'électrochimie et de physicochimie des matériaux et des interfaces), ce laboratoire, crée en 1995 par Grenoble INP et l'Université de Grenoble Alpes.
Les deux structures collaboraient déjà ensemble depuis deux décennies. Elles font un pas de plus dans leur partenariat en créant un laboratoire commun, le LI² (Lab Lithium et Interface). Cette unité de 230m², représente un investissement initial, côté université, de l'ordre de 500.000 euros et s'appuiera à terme sur le travail d'une vingtaine de chercheurs.
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La participation de Blue Solutions reste confidentielle, mais les deux organisations communiquent sur un partenariat de cinq ans renouvelables, « avec un investissement conséquent ».
« Il s'agit de l'intensification d'un partenariat qui existe depuis très longtemps avec le LEPMI. Ce laboratoire est un partenaire historique de Blue Solutions. Il dispose d'une expertise élevée sur ce sujet », indique Jean-Baptiste Behaghel, directeur général adjoint de Blue Solutions, précisant qu'un deuxième partenariat vient par ailleurs d'être officialisé avec l'Institut des Matériaux Jean Rouxel de Nantes.