Si Toulouse reste la capitale française incontestée du spatial, sa voisine Montpellier, également en Occitanie mais tournée vers la mer, fait aussi valoir qu'elle a la tête dans les étoiles.
«Bien sûr, on ne construit pas de fusée à Montpellier mais cela ne signifie pas que la filière spatiale y est absente», confirme Sophie Champagne,manager de l'ESA BIC Sud France (structure qui accompagne les porteurs de projets dans le domaine du spatial, où quatre start-up montpelliéraines sont actuellement incubées), lors d'un afterwork organisé le 15 mai dans la Halle de l'innovation à Montpellier.
Et cette présence ne date pas d'hier, comme en témoigne le Centre spatial universitaire de Montpellier (CSUM) premier du genre en France mis en place en 2012 et soutenu par le Centre national d'études spatiales (CNES).
«Avec dix nanosatellites lancés, nous sommes le premier acteur universitaire spatial en France, déclare Muriel Bernard, ingénieure de recherche, directrice Qualité, valorisation et lanceurs du CSUM.Nous collaborons avec des comités scientifiques commel'Ifremer sur des projets inédits, par exemple envoyer des œufs de poissons sur la lune. Nous faisons aussi de la démonstration technologique pour les entreprises et les start-up qui ont créé des services ou des produits et qui veulent faire des preuves de concept en orbite. Nous leur donnons ainsi un accès à l'espace à un moindre coût. Notre objectif : être un tremplin.»
Et les marchés applicatifs sont vastes : agriculture, viticulture, aménagement du territoire mais aussi gestion de l'environnement ou prévention des risques. Alumni du Business Innovation Center (BIC) de Montpellier, La Telescop, dirigée par Bastien Nguyen Duy-Bardakji, est spécialisée dans l'analyse des images satellitaires : « Nous travaillons beaucoup avec l'imagerie de nuit en vendant des prestations aux collectivités pour leur politique d'éclairage notamment. Nous travaillons ainsi sur le plan Lumière de Montpellier, mais également avec d'autres grandes métropoles ».
Chez la start-up Permagro, installée au plus près de ses clients vignerons, « les images satellitaires vont nous permettre de gérer des domaines viticoles et cela même, à distance, dans la France entière. Nous proposons de la gestion agronomique ou de l'accompagnement sur des aspects fonciers ou juridiques ou bien même administratives lorsqu'il s'agit de boucler son dossier Pac », résume Clément Fraigneau, le fondateur.