« Carmen », l’inusable ballet flamenco, fait son retour en France
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Esmeralda Manzanas et Álvaro Madrid sont Carmen et Don José.
Jesús Vallinas
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Esmeralda Manzanas et Álvaro Madrid sont Carmen et Don José.
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Dans la banlieue sud de Madrid, à Getafe, tout paraît périphérique et enchevêtré, usines, zones commerciales, logements sans âme... Le groupe Airbus déploie là l'un de ses plus gros sites de fabrication en Europe après Toulouse. Heureusement, au centre de l'agglomération, on trouve le Teatro Federico García Lorca et sa bâtisse attenante, ancienne, vaste, et c'est bien le cœur ardent d'une Espagne éternelle qui bat là.
C'est là, en effet, précisément dans un ancien moulin mis à disposition par la municipalité locale, que la Fondation Antonio Gades a posé ses valises et ses archives voilà déjà près de vingt ans. À l'époque, Antonio Gades, maestro de la danse espagnole, venait de mourir en laissant derrière lui sa légende intouchable, forte d'une série de ballets pétris de flamenco tous applaudis de par le monde : Carmen et Noces de sang bien sûr, créés sur scène et au cinéma avec le cinéaste Carlos Saura, mais aussi Fuenteovejuna, Fuego, Don Juan, Suite flamenca. Tous firent le tour du monde deux fois plutôt qu'une du vivant de Gades, et ce n'est pas fini !
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Aujourd'hui encore, c'est en effet ici, à Getafe, que cette fondation œuvre à faire revivre ces grands classiques au geste près, et chaque fois avec de nouveaux danseurs. Cette année, Carmen, créé en 1983 et plusieurs fois remonté depuis, revenu à Paris dans les années 1990 et 2000 puis en 2015, effectue ainsi son grand retour. Demandées dans le monde entier, ces reprises permettent à la fondation de financer son école de danse, ses archives et surtout ses productions.