Laurent Laffite : « J’essaie d’être une page vierge »
Charlotte Langrand (propos recueillis)
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Pierre Lafitte est aussi à l'aise dans des comédies populaires qu'à la Comédie-Française.
LTD/Sébastien Leban
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Pierre Lafitte est aussi à l'aise dans des comédies populaires qu'à la Comédie-Française.
LTD/Sébastien Leban
Il peut aussi bien jouer Bernard Tapie pour Netflix ou Don Juan à la Comédie- Française qu'un voisin psychopathe chez Paul Verhoeven. À 51 ans, il est devenu une figure majeure du théâtre et du cinéma français, aussi à l'aise dans la comédie que dans le drame, devant et derrière la caméra. Dans le film Le Quatrième Mur, il joue un comédien qui tente de monter Antigone en pleine guerre du Liban.
Et fin décembre, c'est aux côtés de Vanessa Paradis et François Damiens qu'il a fini de tourner la prochaine comédie de Jérôme Commandeur : « Je joue un ancien chanteur des années 1990 qui continue de chanter son seul tube dans les tournées "Étoiles des 1990s". » Un grand écart qui lui va bien. À la fin d'une journée de plateau, cet enfant des beaux quartiers parisiens, discret sur sa vie privée et doté d'un humour corrosif, nous a parlé de son rapport au public, au divertissement, et du rôle pour lequel il a quitté le « Français » : celui de Zaza dans la comédie musicale La Cage aux folles, au Châtelet en 2025.
LA TRIBUNE DIMANCHE — Dans le film, votre personnage est un acteur qui monte une pièce de théâtre en pleine guerre du Liban. Sur le tournage, vous étiez aussi un acteur qui jouait dans un Beyrouth meurtri... Cette mise en abyme était-elle palpable ?
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LAURENT LAFITTE — C'était parfois vertigineux, même si c'était plus calme qu'en 1982. Souvent, les films situés à Beyrouth sont tournés au Maroc, mais le réalisateur voulait faire de la ville un vrai personnage. C'était impressionnant de la ressentir : il fallait dépasser cette espèce de « poétisation du chaos » qu'ont parfois les Occidentaux - cette « beauté » qu'on y voit quand on a son billet de retour... La réalité est plus dure, Beyrouth porte encore les stigmates des conflits : pas d'éclairage public ni d'argent liquide, chute des salaires, économie parallèle... C'est une société en ruine. Comme mon personnage, je connaissais mal ce pays et j'essayais de comprendre. On me répond dans le film : « le Liban tire sur le Liban. »
Charlotte Langrand (propos recueillis)