Robert Redford, disparition d'un magnifique inspiré
Aurélien Cabrol
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Extrait du film « Les Quatre Malfrats », 1972.
LTD/Photo par LANDERS ROBERTS PRODUCTIONS / Collection ChristopheL via AFP
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Extrait du film « Les Quatre Malfrats », 1972.
LTD/Photo par LANDERS ROBERTS PRODUCTIONS / Collection ChristopheL via AFP
Avec cette incroyable gueule d'ange, ce charme fou, ce sourire craquant qui auront fait de lui le visage parfait du cinéma américain durant plusieurs décennies. Le gendre idéal et l'amant parfait, le copain sympa et le citoyen exemplaire. Si on croyait à la perfection, il en serait l'incarnation.
Tout a commencé au début des années 60 avec des débuts sur scène, à Broadway, mais aussi à la télévision et, déjà, au cinéma. Il lui faut cinq ans à peine pour décrocher le prestigieux et prometteur Golden Globe de la révélation masculine de l'année 1965, avec Daisy Clover de Robert Mulligan sur le tournage duquel il rencontre l'actrice Natalie Wood, un premier grand amour caché pendant plusieurs années.
C'est en 1969 qu'il entre définitivement dans la cour des grands en formant avec Paul Newman le duo gagnant de Butch Cassidy et le Kid. Les années 70 et 80 seront les plus belles et les plus riches. On y retrouve des films politiques auxquels le militant démocrate convaincu Robert Redford tient beaucoup, alors que l'Amérique de Nixon est secouée par les scandales, de Votez Mc Kay aux Hommes du Président, sans oublier Les Trois jours du condor, un polar paranoïaque de gauche dans lequel il incarne la victime parfaite d'une CIA tentaculaire. Tandis qu'avec Nos plus belles années et Gatsby le magnifique, le beau Robert incarne une Amérique insouciante, mélancolique et virevoltante à souhait.
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Quant à sa sensibilité écologiste, l'acteur et réalisateur trouve plusieurs occasions de l'exprimer à travers des films lyriques et romantiques comme Et au milieu coule une rivière et L'Homme qui murmurait à l'oreille des chevaux, mais le duo amoureux qu'il forme avec Meryl Streep dans Out of Africa domine nettement cette catégorie. Alors qu'en 2002, il se voit enfin décerner son premier Oscar (pour l'ensemble de sa carrière et « pour son inspiration aux cinéastes indépendants et innovateurs »), sa filmographie revêt ensuite moins d'ampleur, même si en 2013 sa performance de navigateur solitaire dans All Is Lost est unanimement saluée.
Aurélien Cabrol