La chronique de François Simon. Banco sur Monaco
François Simon
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Cette semaine, François Simon est allé au Monaco, dans le 13e arrondissement de Paris.
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Le quartier s'appelle Croulebarbe. Situé dans le 13e arrondissement de Paris, ne pensez pas pour autant que ce soit un quartier barbichu et croulant. Il fut un temps où « crouler » signifiait « brandir », « agiter ». Car le quartier fut industrieux, voire prospère avec la présence de la Bièvre réunissant autour d'elle tapissiers, teinturiers, tanneurs, brasseurs et bouchers. Il y avait là une dimension campagnarde, ses prés, son vignoble et du calcaire de partout.
Notre adresse du jour s'appelle Monaco, vocable désuet évoquant un cocktail composé de bière, de limonade et de sirop de grenadine, rappelant de façon lointaine mais valorisante le drapeau monégasque rouge et blanc. On l'aurait créé en 1934, cependant il est loisible de penser que bien avant, en des soirées oisives, on avait dû opérer ce genre de mélange. Situé dans le delta d'un carrefour, le Monaco appartient à ces phares parisiens qui nous réjouissent lorsqu'ils s'illuminent.
Hélas, bien souvent la cuisine est pitoyable, les patrons lessivés et le pain triste. Par chance, par un étonnant regain, ici et là, ces anciens bars PMU reprennent des couleurs, mélangent les horizons, remeublent façon années 1960, ressuscitent le Formica et les chaises
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Ils nous délivrent ce que nous pensions avoir perdu : de vraies cuisines, butinant ici et là, décomplexées. À la tête de cette machine à remonter le temps, Pierre Marfaing (Café de Mars), Ulysse Molinet et le chef Matthew Ong, que nous avions connus à Albion et mieux encore à Fish la Boissonnerie.
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