Avec la maison Baccarat pour le parfum Rouge 540, lancé en 2015 en hommage à la technique créé en 1839, du rouge à l'or, la signature de la maison. Celle-ci repose sur une innovation extraordinaire qui consiste à incorporer de l'or 24 carats dans le cristal en fusion ; refroidie, la pièce de cristal est à nouveau montée en température jusqu'à 540°C pendant plusieurs heures se parant alors dans la masse d'un rouge intense. Mon travail de création a été de capturer cette idée de cristal dans un parfum.
Lors de mes visites d'atelier, j'ai découvert le savoir-faire associé au cristal, plus dense, plus lumineux et plus sonore que le verre. J'ai tiré parti de cet oxymore pour conjuguer l'opulence et la transparence. La signature olfactive de Baccarat Rouge 540 tient à ce décalage entre l'intensité du sillage et son côté aérien. Plus généralement, je m'inspire beaucoup des artisans d'autres disciplines. Mon amie Anne-Sophie Pic en gastronomie, des danseurs de l'Opéra à Paris, Murielle Lemoine des ateliers Lesage. Ils m'ouvrent un champ sensoriel différent qui enrichit le mien.
La rétrospective de mes 30 ans de création artistique, fin octobre au Palais de Tokyo. J'y présenterai mon travail personnel : mes collaborations avec Sophie Calle, Sarkis, Yann Toma ; les manufactures de Sèvres ou le château de Versailles, qui témoignent de mon lien avec l'art et les artisans. Je vais, par exemple, y exposer des gants parfumés dont l'usage a perduré jusqu'au XIXe siècle - période où sont apparues des techniques neuves pour tanner le cuir, remplaçant ainsi l'odeur terrible résultant du tannage par le travail des parfumeurs.