Lilo Baur, comédienne et metteuse en scène : « Avec le décor et les costumes, je donne à l’intrigue son ampleur et sa complexité »
Propos recueillis par Lydia Bacrie

Lilo Baur est comédienne et metteuse en scène.
LTD/MIGUEL MEDINA/AFP
Propos recueillis par Lydia Bacrie

Lilo Baur est comédienne et metteuse en scène.
LTD/MIGUEL MEDINA/AFP
À la Comédie-Française, pour La Maison de Bernarda Alba de García Lorca, je souhaitais produire une sensation de pluie pendant une minute au moins. Après de multiples recherches, l'équipe a finalement opté pour l'utilisation du riz. Seul problème : jetés d'une certaine hauteur, les grains rebondissaient et envahissaient toute la scène.
Les décorateurs ont alors imaginé un système de trappes totalement invisibles et placé, sous le plateau, les gondoles du décor de la pièce Lucrèce Borgia afin de récupérer le riz. La mécanique a fonctionné, l'illusion était parfaite. L'anecdote est drôle, mais elle est pour moi le symbole du talent des artisans qui allient l'expertise la plus fine et la débrouillardise la plus absolue.
Jusqu'au 13 juillet, je mets en scène La Souricière d'Agatha Christie au Théâtre du Vieux-Colombier, à Paris. Pour cette septième collaboration avec la Comédie-Française, j'ai travaillé avec mes fidèles partenaires. Bruno de Lavenère, avec lequel j'ai pensé le décor pour restituer physiquement la sensation de La Souricière - le piège qui peu à peu se referme, la peur qui s'installe.
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La costumière Agnès Falque, avec laquelle j'ai approfondi chaque caractère, soulignant à travers le vêtement l'extravagance ou l'étrangeté d'un personnage. Le tout amplifié par le travail de la perruquière Cécile Kretschmar, qui a par exemple renforcé la sévérité de l'un des personnages, une ancienne magistrate, en imaginant une stricte chevelure à la Margaret Thatcher. Parallèlement au travail sur le texte, c'est avec eux que j'ai donné à l'intrigue son ampleur et sa -complexité.
Propos recueillis par Lydia Bacrie