BAROMÈTRE EXCLUSIF. Bayrou dans le rouge, Macron en baisse, Le Pen stable
Par Jules Pecnard

Le Premier ministre François Bayrou fait du surplace dans les sondages, selon le baromètre d'avril réalisé par Ipsos.
LTD/Thibaud MORITZ/AFP
Par Jules Pecnard

Le Premier ministre François Bayrou fait du surplace dans les sondages, selon le baromètre d'avril réalisé par Ipsos.
LTD/Thibaud MORITZ/AFP
C'est « l'effet planche », selon la formule de Brice Teinturier. Le directeur général délégué d'Ipsos fait ainsi allusion à ce que ressentent les Français concernant l'action de François Bayrou. Dans le dernier baromètre réalisé par l'institut de sondages et l'école d'ingénieurs Cesi pour La Tribune Dimanche, le Premier ministre s'enfonce un peu plus dans l'impopularité.
Parmi les personnes interrogées, 67 % expriment un avis défavorable à son endroit, soit 3 points de plus qu'en mars, et seuls 24 % un avis favorable. Phénomène plus alarmant encore pour le centriste : il chute essentiellement chez les sympathisants de son fragile socle parlementaire, à savoir ceux de Renaissance, du MoDem, d'Horizons et des Républicains.

« Le pays a le sentiment qu'on fait la planche, qu'on flotte, qu'on se laisse dériver, décrypte Brice Teinturier. C'est selon moi l'un des principaux moteurs de l'impopularité de François Bayrou : on ne coule pas mais on ne se redresse pas. Et alors que les partis, que ce soit le Rassemblement national, LR ou le Parti socialiste, se parlent beaucoup à eux-mêmes, que les événements internationaux dominent l'actualité, le gouvernement donne le sentiment de ne pas parler aux Français. »
Outre l'impression de surplace qu'il renvoie, le maire de Pau pâtit de ses prises de parole maladroites, que ce soit sur l'exécution provisoire dont a été assortie la récente peine d'inéligibilité de Marine Le Pen - une mesure qui a « troublé » le Premier ministre, impliqué dans un dossier ressemblant à celui de la cheffe du RN - ou sur l'affaire Bétharram.

L'enquête Ipsos-Cesi École d'ingénieurs contient d'autres enseignements. Du côté de l'exécutif, le léger reflux de popularité de Bruno Retailleau se confirme. Le ministre de l'Intérieur, toujours membre du gouvernement le plus apprécié des Français à égalité avec Gérald Darmanin, recueille désormais 27 % (2 points de moins depuis février) de satisfaction parmi les potentiels présidentiables - indicateur à ne pas confondre avec des intentions de vote, qui se répartissent selon des hypothèses spécifiques. Parmi les ministres, Rachida Dati dispose également d'un solide fan-club.
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Dans ce classement, Jordan Bardella et Marine Le Pen trustent toujours le sommet. Le président du parti à la flamme et celle du groupe frontiste à l'Assemblée nationale sont respectivement à 34 et 33 % de satisfaits.

« Cette direction bicéphale me paraît vraiment inédite, fait remarquer Brice Teinturier. C'est la première fois que l'extrême droite a deux leaders possibles, ce qui change l'intégralité de l'équation politique. » Au sein du bloc central, Gabriel Attal est toujours largement dominé par Édouard Philippe, même si les deux hommes enregistrent une légère baisse dans les cotes d'avenir.
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Si on élargit la focale, on constate qu'une personnalité comme Xavier Bertrand parvient à grappiller quelques points dans une période où tout le monde, à l'exception du duo lepéniste, en perd. « On voit qu'il n'a pas disparu, même s'il reste nettement en deçà de nombreuses personnalités, et qu'il est devant Laurent Wauquiez parmi les sympathisants LR », note le directeur d'Ipsos. Dans ce segment précis, le patron des députés de droite - qui pointe 23e au classement des présidentiables - ne compte que 33 % de satisfaits. Bruno Retailleau en compte lui 56 %.
Par Jules Pecnard