Crash du vol 8243 : Moscou s'excuse du bout des lèvres
Quatre jours après l’accident du vol d’Azerbaijan Airlines, Poutine a appelé le président azerbaïdjanais, sans reconnaître pour autant la responsabilité de la défense aérienne russe.
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Le 25 décembre, le crash d'un avion de ligne d'Azerbaijan Airlines a eu lieu près de la ville d'Aktau, au Kazakhstan.
LTD/Azamat Sarsenbayev/REUTERS
Il fallait bien calmer son allié azerbaïdjanais. Dans un entretien téléphonique hier, Vladimir Poutine a présenté ses excuses à son homologue Ilham Aliev pour le « tragique incident » survenu dans l'espace aérien russe. Pas en reconnaissant que son armée avait accidentellement abattu l'avion d'Azerbaijan Airlines mercredi, mais en admettant que ses défenses aériennes étaient bien en action dans le ciel des républiques russes d'Ossétie du Nord et de Tchétchénie au moment du crash.
Alors que cette région du Nord-Caucase était sous le feu d'une attaque de drones de combat ukrainiens, la Russie aurait dû fermer temporairement son espace aérien. Elle ne l'a pas fait.
Le vol 8243, parti de Bakou, en Azerbaïdjan, s'approchait de Groznyï, en Tchétchénie, sa destination, quand il a été victime d'une « interférence externe, physique et technique [...] et a complètement perdu le contrôle », selon l'enquête préliminaire azerbaïdjanaise.
Les pilotes ont tenté de maintenir l'appareil en l'air. Ils ont réussi à survoler la mer Caspienne mais se sont écrasés sur la rive opposée, près d'Aktaou, au Kazakhstan, à plus de 400 kilomètres de leur destination initiale. Trente-huit personnes sont mortes, vingt-neuf ont survécu, dont certaines sont dans un état critique.
Explosions extérieures
Les images de l'accident, qui ont très vite circulé sur les réseaux sociaux, montrent des trous à l'arrière de la carlingue de l'appareil, laissant penser qu'il a été visé par des projectiles et qu'il n'a pas été victime d'une collision avec un groupe d'oiseaux, comme l'ont d'abord affirmé les autorités russes.
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Des témoignages recueillis auprès des survivants évoquent aussi des explosions à l'extérieur de l'appareil. Certains passagers ont d'ailleurs été blessés par des objets coupants qui ont percé le fuselage. Très vite, les autorités azerbaïdjanaises, appuyées par des experts occidentaux de l'aviation, ont tourné leur regard vers un missile sol-air russe. Bakou déclarant que les autorités russes avaient même brouillé le système électronique de l'appareil et avaient empêché les pilotes d'atterrir à Groznyï, sous prétexte d'un épais brouillard.