La chronique de François Clemenceau. La Pologne dans la cour des grands
François Clemenceau
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La chronique de François Clemenceau.
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L'ambassadeur de France en Pologne, qui a vécu les deux premières années de la guerre russe contre l'Ukraine à Kiev, connaît le poids des mots et le choc des symboles. Et lorsque l'agence de presse officielle polonaise lui a demandé récemment de caractériser la relation entre Paris et Varsovie depuis que le Premier ministre actuel, Donald Tusk, a pris ses fonctions il y a seize mois, il a répondu qu'elle est passée « des ténèbres à la lumière ». Rien que ça.
Mais Étienne de Poncins exagère à peine. La preuve, avec ce traité d'amitié et de coopération qui sera signé le 9 mai à Nancy, ancienne capitale du duché de Lorraine d'où gouverna l'ex-roi Stanislas de Pologne. Sa fille, Marie Leszczynska, avait épousé il y a trois siècles exactement Louis XV. La Lorraine est au cœur des Polonais qui s'y installèrent par milliers au début du XXe siècle pour y travailler dans nos mines de charbon. Il y a dix ans, c'est à Nancy qu'un autre ouvrier célèbre, l'électricien des chantiers navals de Gdansk devenu président et prix Nobel de la paix, Lech Walesa, était venu rendre hommage à tous les combattants de la liberté à travers le monde.
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Le fameux Triangle de Weimar, qui réunit depuis la chute du mur de Berlin la France, l'Allemagne et la Pologne sur le plan diplomatique, a son utilité. Tout comme, les efforts fournis par Paris et Varsovie au sein de l'Alliance atlantique. Mais, comme on le dit à l'Élysée, rien de tel qu'« asseoir un agenda de souveraineté » avec « les partenaires clés » de la France. Des accords aussi ambitieux que le traité de Nancy ont déjà été signés avec l'Allemagne, l'Italie ou l'Espagne. Le traité d'Aix-la-Chapelle conclu avec Berlin contient même une clause visant à se défendre mutuellement « par tous les moyens » en cas d'agression, ce qui va bien au-delà du rappel de l'article 5 de la charte de l'Otan mentionné dans les textes signés au Quirinal et à Barcelone.
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