« La destruction est massive » : en Syrie, la reconstruction de Palmyre, un chantier de titans
Pauline Vacher, envoyée spéciale à Palmyre
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Photo d'illustration
LTD/Charles Cuau pour La Tribune Dimanche
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Mahmoud Al-Salim se tient sur les décombres de ce qui fut autrefois la maison familiale. À sa femme et à sa fille, restées à Idlib et qu'il joint donc par appel vidéo, il montre l'étendue des dégâts. « C'était une belle maison de trois étages, il n'en reste plus rien », se désole-t-il.
Palmyre, ville antique la plus connue de Syrie, classée au patrimoine mondial de l'humanité en 1980, a effectivement souffert des quatorze années de guerre civile. En décembre, quelques semaines avant la chute du régime Assad, des frappes israéliennes y ciblaient encore des positions militaires iraniennes. La maison de Mahmoud, où des miliciens s'étaient établis, n'y a pas résisté.
Au cours des dix dernières années, Tadmor, nom arabe de Palmyre, a connu différents maîtres. Chacun y a commis son lot de destructions. En 2015, c'est l'État islamique (EI) qui s'empare de la ville. Très vite, les djihadistes diffusent une vidéo sur les réseaux sociaux dans laquelle ils exécutent 25 soldats de l'ancien régime dans le célèbre théâtre antique. Les images font le tour du monde.
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Pour Daech, investir Palmyre et y perpétrer ses crimes permet de nourrir le récit de rupture radicale avec l'héritage antéislamique tout en marquant de son empreinte la mémoire du lieu. Ils y poursuivent donc un travail méthodique de destruction des monuments : le Lion d'Athéna qui marquait l'entrée du site est abattu, le temple de Baalshamin dynamité, tout comme le sanctuaire de Bêl et une partie des colonnes du cardo, l'une des colonnades antiques les mieux conservées au monde.
Pauline Vacher, envoyée spéciale à Palmyre