PIERRE JOUVET — Je vois un Premier ministre qui patauge. Il est confus sur ce qu'il dit, sur ce qu'il porte, sur ce qu'il fait. Un Premier ministre qui revient quasiment de façon hebdomadaire sur la parole qu'il a donnée, y compris devant la représentation nationale. Pour quel résultat ? Aucun. Ce sont cent jours de perdus pour les Français. Le pays est mis à l'arrêt. À part quelques polémiques pour agiter l'actualité, le gouvernement s'est montré incapable de comprendre la situation politique du pays et d'évoluer sur ses dogmes. Depuis cent jours, nous découvrons aussi une nouvelle facette du Premier ministre : M. Bayrou est un menteur. Il a menti sur Bétharram, il a menti sur le déficit du système des retraites ; enfin, il a menti quand il a promis une concertation sociale « sans tabous ».
François Bayrou a fermé la porte aux 62 ans dans le débat sur les retraites. Vous y voyez une forme de trahison ?
C'est une trahison de la parole donnée aux Français, aux parlementaires et aux partenaires sociaux. C'est contraire à sa propre promesse de faire du dialogue social sa marque de fabrique, contrairement à ses prédécesseurs. François Bayrou veut imposer au forceps le résultat qu'il souhaite aux partenaires sociaux. Ce n'est pas acceptable.
Non. Ce choix, nous l'avons fait en responsabilité. Ce budget n'était pas le nôtre et il ne l'est toujours pas. Mais il fallait un budget pour la France, aussi mauvais soit-il, pour permettre aux collectivités locales, aux entreprises, aux agriculteurs, à la France de fonctionner. Quand François Bayrou revient sur sa parole, il nourrit le ressentiment des Français à l'encontre de l'ensemble de la classe politique. Nous ne participerons à cette mascarade.
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