Jamais depuis la crise de la zone euro au début des années 2010 les dirigeants français n'ont autant misé sur leur développement à l'étranger et douté dans le même temps du dynamisme de l'Hexagone.
Tel est l'enseignement majeur de la 20e édition du Baromètre des dirigeants français, une enquête exclusive réalisée chaque début d'année par Eurogroup Consulting, BFM Business et La Tribune Dimanche auprès de plus de 1 000 dirigeants français travaillant en France ou à l'étranger pour de grandes multinationales, des ETI et des PME, avec le concours de CCI France International et des conseillers du commerce extérieur.
Les eaux internationales, pourtant, ne s'annoncent pas particulièrement calmes, entre les menaces de nouvelles taxes protectionnistes brandies par Donald Trump aux États-Unis, le durcissement de la concurrence chinoise et la crise industrielle que traverse le grand partenaire allemand. Mais l'Hexagone inquiète plus encore, fragilisé par son instabilité politique, les doutes sur sa capacité à redresser des finances publiques plus dégradées que jamais et à desserrer l'étau des normes et réglementations qui corsètent le pays à l'excès.
« Globalement, les dirigeants français ne sont pas pessimistes, rassure Gilles Bonnenfant, le président d'Eurogroup Company, puisque plus de la moitié d'entre eux sont quand même confiants. Mais l'année 2025 va être décisive. Le monde est agité, certes, mais les perspectives de croissance à long terme sont prometteuses : c'est vrai en Asie au-delà de la Chine, dans plusieurs pays d'Afrique ou d'Amérique latine et plus que jamais aux États-Unis, alors que, concernant la France, les doutes s'accumulent sur la pérennité de la politique d'attractivité mise en place par Emmanuel Macron depuis 2017, qui a pourtant été un succès. Sans dramatiser, on peut dire qu'en 2025 la France s'accroche ou la France décroche. »