LA TRIBUNE DIMANCHE — La holding de la famille Saadé, Merit France, vient d'annoncer prendre 20 % du capital de Pathé. Comment cela s'inscrit-il dans la stratégie de développement du groupe ?
JÉRÔME SEYDOUX — Nous recherchions des capitaux pour continuer à investir et financer la croissance de l'entreprise. Soit via une introduction en Bourse, une option envisagée il y a quelques années, mais difficile à réaliser compte tenu de la taille de Pathé. Soit via l'entrée d'un ou de plusieurs partenaires dans le capital. C'est dans ce cadre que de premières discussions ont eu lieu avec les équipes de CMA-CGM, il y a deux ans. Elles se sont concrétisées cette semaine, avec une prise de participation par augmentation de capital de Merit France, la holding de la famille Saadé, soit un apport de cash. Nous en sommes très heureux. Rodolphe Saadé [PDG du groupe CMA-CGM, actionnaire de La Tribune Dimanche] aime le cinéma, ce qui est une caractéristique essentielle à mes yeux.
Comment l'activité de Pathé se répartit-elle aujourd'hui ?
L'entreprise réalise près de 1 milliard d'euros de chiffre d'affaires, dont une très grande majorité dans l'exploitation de salles de cinéma, avec 130 cinémas au total, soit près de 1 316 salles, en France et à l'international, en Hollande, Belgique, Suisse, Maroc, Tunisie, Côte d'Ivoire et Sénégal. Le reste dans la production et la distribution de films et de séries, ces dernières étant un nouveau secteur en plein développement. La production de films et l'exploitation de salles sont des activités très différentes, à la fois quant aux investissements et quant aux risques. L'un des objectifs de Pathé consiste à rééquilibrer progressivement ces deux activités, pour augmenter nos investissements dans la production de films, comme c'était le cas historiquement.