OPINION. « Préservons notre ambition écologique », par Sandrine Le Feur
Par Sandrine Le Feur

Sandrine Le Feur appelle à la vigilance collective sur les questions liées au climat.
Agathe huard
Par Sandrine Le Feur

Sandrine Le Feur appelle à la vigilance collective sur les questions liées au climat.
Agathe huard
Depuis plusieurs années, notre pays a fait le choix de l'action écologique. Grâce à des lois ambitieuses que nous avons votées à l'Assemblée nationale, nous avons renforcé la protection de la biodiversité, décarbonner notre industrie, promu l'économie circulaire, investi dans les énergies renouvelables, accompagné les transitions dans les territoires.
Ces avancées sont le fruit d'une volonté politique forte, que nous avons portée dans une démarche résolument ouverte au dialogue et à la collaboration transpartisane, guidée par la conscience partagée d'un impératif collectif : protéger les générations présentes et futures. Tout n'a pas été parfait, il reste beaucoup à faire, mais une chose est sûre : faire marche arrière n'est pas une option.
Car nous le savons, ces acquis sont fragiles. Dans un monde marqué par l'instabilité, les tentations sont grandes de reléguer l'écologie au second plan. Les tensions internationales, les contraintes budgétaires, les urgences sociales : autant de défis majeurs qui occupent légitimement nos débats. Pourtant, ces urgences ne doivent pas se faire au détriment d'une autre, silencieuse, mais non moins vitale : l'urgence écologique.
Les inondations qui frappent nos territoires, les feux de forêts de plus en plus nombreux, les sécheresses récurrentes, la disparition prochaine de territoires insulaires, les dizaines de milliers de morts chaque année dues à la pollution de l'air, nous rappellent qu'avoir une politique écologique forte est un enjeu de sécurité, de santé publique, de souveraineté.
L'écologie, ce n'est surtout pas moins d'ambition économique, c'est plus de résilience. Ce n'est pas moins de progrès, c'est un autre progrès, au service de la protection des citoyens et de notre environnement.
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Nous devons continuer à agir, à rester exigeants dans nos choix, à nous doter d'outils à la hauteur des défis à venir. La science, l'innovation, la recherche, l'ingénierie sont autant de leviers pour concilier transition écologique et vitalité économique. Les filières industrielles se réinventent. L'agriculture innove. Les territoires s'adaptent. Et la France a toutes les cartes en main pour rester un pays leader de ce changement. Elle l'a prouvé une nouvelle fois, pour la protection des océans, en facilitant la ratification du traité sur la haute mer par cinquante pays a l'occasion de la troisième Conférence des Nations unies sur l'Océan qui se tient à Nice cette semaine.
À l'échelle mondiale, les signaux inquiétants ne doivent pas servir d'exemples. Quand un dirigeant s'en prend aux scientifiques, interdit l'usage même du mot "écologie" ou sabre les budgets de la recherche environnementale, il est de notre devoir de dire : la France ne doit pas suivre cette voie.
Elle vaut mieux que cela. Elle l'a montré dans son histoire récente, en étant à l'avant-garde sur l'interdiction des plastiques à usage unique, sur l'encadrement des PFAS, « polluants éternels », ou encore avec la fermeture de centrales à charbon. Elle a souvent agi avant les autres, elle s'est mobilisée, avec l'Union Européenne, pour montrer la voie et a été suivie. Ce leadership, nous devons le préserver.
Nous appelons donc à la vigilance collective. À ne pas laisser affaiblir ce que nous avons mis tant d'énergie à bâtir. L'adaptation climatique n'est pas une contrainte. Intégrée de manière systématique aux politiques publiques, elle peut être levier d'innovations et d'attractivité pour nos territoires. Continuons, ensemble, à faire de l'environnement une priorité républicaine, capable de conjuguer ambition écologique, excellence économique et justice sociale.
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