Mieux vaut tard que jamais ! Après des années de gestation, l'Union européenne a enfin fini par accoucher d'une stratégie pour développer les start-up et les scale-up (les « gazelles » à croissance rapide) en Europe. Intitulée « Choose Europe to start and scale », dans la continuité de l'initiative Choose Europe for science lancée par la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, elle vise à lever les éternels freins au développement de l'innovation, notamment la fragmentation des réglementations pour les start-up, le manque d'accès persistant au financement, aux infrastructures et aux marchés publics, ou encore la pénurie des talents. Elle vise l'objectif de réduire l'écart avec les États-Unis et la Chine et de renforcer la souveraineté technologique du Vieux Continent, qui prend conscience de l'ampleur de ses dépendances.
Présentée par les commissaires Ekaterina Zaharieva, chargée des start-up, et de Stéphane Séjourné, chargé de la prospérité et de la stratégie industrielle, la stratégie a fait, une fois n'est pas coutume, la quasi-unanimité auprès des observateurs. « Il y a eu une vraie prise de conscience de la part de la Commission, qui a compris ce dont l'écosystème tech a besoin et répond point par point avec des propositions ambitieuses. On n'a jamais été aussi en phase avec l'UE, même s'il manque encore quelques petites choses », se réjouit Marianne Tordeux-Bitker, la directrice des affaires publiques du lobby France Digitale, qui fédère plus de 2000 start-up et investisseurs en France.