« Regardez, là c'est le Massif armoricain. » C'est lorsqu'il montre une carte géologique que l'œil de Guillaume Mamias frise. Ce géologue de 55 ans travaille depuis quelques mois sur un projet d'exploration minière en Bretagne. « Et ça, c'est le cisaillement sud-armoricain, dit-il en pointant du doigt sur sa tablette. C'est la limite entre deux continents qui se sont rencontrés il y a plusieurs millions d'années, c'est là qu'on pense qu'il y a des métaux rares en nombre. »
L'année dernière, l'entreprise Breizh Ressources qui l'emploie a déposé trois demandes de permis d'exploration minière pour trois zones situées en Bretagne : l'une près de Lorient, la deuxième au nord-est de Vannes (Morbihan) et la troisième dans le Pays de Redon, au sud de Rennes (Ille-et-Vilaine).
En tout, ils affirment vouloir réaliser des tests pour 40 métaux différents sur plusieurs centaines de kilomètres carrés mais, dans les faits, ce sont l'étain, l'antimoine, l'or et l'indium qu'ils vont rechercher en priorité. « J'ai beaucoup travaillé à l'étranger, je suis fier de me dire que maintenant, en France aussi, on va chercher des métaux rares pour subvenir à nos besoins », ajoute Guillaume Mamias.
Si le nom Breizh Ressources sonne comme une start-up bretonne, l'actionnaire majoritaire et unique de cette entreprise est canadien, il s'appelle Keith Barron. Connu mondialement comme étant l'Indiana Jones de l'or, il a notamment découvert une mine du métal jaune en Équateur qui a fait sa fortune : il a revendu l'exploitation pour près de 800 millions d'euros en 2008. Depuis, l'homme traîne une réputation sulfureuse et fascinante. Dans le Pays de Redon, il effraie.