LA TRIBUNE DIMANCHE — Les réactions après l'annonce du plan de budget 2026 vous ont-elles surprise ?
AMÉLIE DE MONTCHALIN — C'est un programme de réformes essentielles proposé aux Français et aux parlementaires par le Premier ministre pour les deux ans qui viennent. Ce n'est pas un tableau de chiffres, ce sont des choix politiques clairs. C'est un contrat que nous voulons négocier devant les Français avec les forces politiques, pas dans des arrangements de couloir : des réformes pour retrouver des marges de manœuvre et financer ce qui compte pour le pays. Il est normal que cela fasse l'objet de réactions. Celles d'octobre ne seront peut-être pas celles de juillet. Nous sommes dans un moment particulier où il nous faut trouver des gens qui ont le courage d'assumer avec nous, sans non-dit ni faux-semblant. Trouver un compromis dans un moment historique pour notre pays sans se renier, c'est possible.
La pilule est tout de même amère...
J'entends surtout beaucoup de mensonges propagés pour inquiéter les Français. LFI va jusqu'à dire que c'est un projet de baisse des aides sociales. C'est faux. Stabiliser ne veut pas dire baisser. C'est un choix clair pour protéger les Français, pas de l'austérité. Les baisses, c'est ce qu'ont eu à vivre les populations de pays qui n'ont pas fait des choix avant qu'il ne soit trop tard. Ils ont procrastiné et se sont retrouvés dos au mur.
Vous pensez à la Grèce ?
La Grèce n'a pas pu choisir... Je refuse que l'on nous impose demain des mesures parce qu'on n'aura pas eu le courage d'agir aujourd'hui. Je ne veux pas vivre dans un pays dont le premier poste de dépense est le paiement de nos charges d'intérêt, bien plus que les budgets de la défense et de l'éducation. Ce sera le cas de la France dans quatre ans si l'on ne fait rien. Ce plan est un plan de souveraineté. Le courage, c'est maintenant.