Pour lui, l'écriture est une « ascèse ». Bernard Cazeneuve publie son septième livre en huit ans, Un chien parmi les loups (Éditions de l'Observatoire), recueil de chroniques écrites pour L'Opinion de 2022 à 2025. Dans une préface dressant un diagnostic sombre de la société française, il plaide pour le « retour de la raison » en politique, qu'il voit « abaissée au rang d'un divertissement violent et tristement vulgaire ».
Avocat au cabinet d'affaires August Debouzy, celui qui avait refusé de participer au Nouveau Front populaire après avoir quitté le PS en 2022 continue à sillonner la France avec son mouvement, La Convention. Récemment, l'ex-maire de Cherbourg a tendu la main à Raphaël Glucksmann mais ce dernier ne l'a pas saisie. À 61 ans, Bernard Cazeneuve l'assure : « La passion de la France ne m'a pas quitté. » Il a reçu
La Tribune Dimanche mercredi 2 avril à Paris.
LA TRIBUNE DIMANCHE — « Le pays souffre. » C'est la première phrase de votre livre. Cette souffrance est-elle nouvelle ?
BERNARD CAZENEUVE — Beaucoup de Français ont le sentiment d'un avachissement des institutions et des principes de l'État de droit, d'un désordre économique grandissant qui les appauvrit et prive leurs enfants d'un progrès possible. Le dégagisme, l'extrémisme entretiennent un climat nihiliste d'affrontement et parfois même de haine. L'antisémitisme et la xénophobie ressurgissent des tréfonds de notre histoire, comme la pensée réactionnaire, annonçant un recul inédit de l'humanisme universel. Le sursaut impose de regarder le pays tel qu'il est. De cette lucidité dépendront la crédibilité des solutions et la force du nécessaire rassemblement.