C'est un arrêté en plein milieu des vacances qui aurait pu passer inaperçu, mais qui a mis le feu aux poudres. Ce samedi, 92 % des officines étaient fermées en raison d'une grève des pharmaciens. Dans certaines villes, c'était même l'intégralité d'entre elles qui ont baissé le rideau en ce week-end prolongé du 15 août.
En cause : un arrêté publié par le gouvernement au Journal officiel le 6 août, entérinant la baisse de remises sur les médicaments génériques à 30 %, et sur les biosimilaires à 15 % à compter du 1er septembre. D'autres baisses successives sont programmées, pour atteindre 20 % en 2027. Les pharmaciens bénéficient jusqu'à présent d'un accord avec les laboratoires de remises sur les médicaments génériques pouvant aller jusqu'à 40 %. Une mesure qui devait permettre une meilleure diffusion des médicaments génériques.
« Aujourd'hui, vous avez un médicament générique à 1 euro, le pharmacien l'achète 60 centimes au laboratoire. Demain, nous l'achèterons 80 centimes et nous perdrons 20 centimes par boîte », tempête Guillaume Racle, membre de l'Union de syndicats de pharmaciens d'officine (Uspo) et partie prenante des négociations avec l'Assurance maladie et le ministère de la Santé.
Ces remises permettent aussi à l'Assurance maladie de connaître les industries qui consentent à ces rabais et ainsi de les obliger à vendre moins cher leurs traitements afin de diminuer les dépenses de santé. Mais le gouvernement a décidé de faire machine arrière et de baisser le plafond de ces remises, afin de récupérer une partie de l'argent encaissé par les pharmaciens.