TOP 100 des destinations touristiques. Numéro 2, Oléron, une histoire de famille
L’île d'Oléron a longtemps attiré un public moins fortuné que sa voisine rétaise. Des habitants cherchent aujourd’hui à moderniser l’offre touristique.
Mathis Beautrais, envoyé spécial en Charente-Maritime
Le territoire attire une clientèle très française, populaire et pour qui « Oléron est souvent une histoire de famille ».
LTD/Jean-Pierre DORDAIN / ONLYFRANCE
Avec sa citadelle et ses cabanes de pêcheurs aux couleurs vives, Le Château d'Oléron n'a pas grand-chose de la vaste station balnéaire que l'on pourrait s'attendre à trouver parmi les lieux de vacances préférés des Français. « C'est le Château mais sans château », renseigne-t‑on en souriant au guichet de l'office de tourisme.
La forteresse à laquelle la commune doit son nom a en effet disparu il y a quatre siècles. Alors que peut-on y voir ? « C'est un bon point de départ pour découvrir l'île : les plages de sable fin, la route des huîtres, les ports de pêche... Oléron est un endroit sauvage où il fait bon vivre. »
Voici, pêle-mêle, ce qui fait la réputation touristique de l'île d'Oléron. Deuxième plus grande île de métropole derrière la Corse, elle attire à l'instar de sa voisine rétaise des centaines de milliers de vacanciers chaque année.
Une île de campeurs et de familles
Ce qui n'étonne pas Jessica Chailloleau, gérante de la maison de la presse sur la place centrale du Château, l'une des principales communes du coin. « C'est un lieu atypique, s'exclame-t‑elle. La nature est très présente. On a l'impression d'être toujours en vacances. Les enfants font même du surf à l'école ! »
L'île de Ré, c'est un peu plus huppé. On espère qu'Oléron ne deviendra pas comme ça
Pour cette native un peu chauvine « mais pas trop », l'image conviviale d'Oléron n'est pas un mythe. Surtout comparé à l'île de Ré. Elle renchérit : « L'île de Ré, c'est un peu plus huppé. On espère qu'Oléron ne deviendra pas comme ça. » Sur la plage voisine, les premiers baigneurs de la journée regagnent leur serviette. Thierry et Martine, retraités venus de Seine-et-Marne en camping-car pour un périple le long de la côte atlantique, ne disent pas autre chose. « C'est plus familial, plus populaire. »
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Il faut dire qu'Oléron a longtemps capitalisé sur un public largement composé de campeurs et de familles. À la grande époque des colonies de vacances a succédé, avec l'ouverture du pont en 1966, l'ère du camping sauvage puis celle du tourisme de masse. « L'île a connu un âge d'or dans les années 1980, éclaire Antoine Granier, restaurateur. On le voit dans l'architecture, le style de restaurants. » Le territoire attire donc une clientèle très française, populaire et pour qui « Oléron est souvent une histoire de famille ».
« Il y a presque un côté un peu beauf », poursuit cet enfant de l'île revenu vers ses racines en 2020, après plusieurs années à l'étranger, pour ouvrir une guinguette au Château. À sa carte, l'établissement propose viandes locales, bières du Sud-Ouest et légumes bio. Le tout dans une ambiance café-concert qui, explique le gérant, vise à renouveler l'offre touristique en attirant trentenaires et jeunes familles. « Il y a une nouvelle énergie, résume-t‑il. Et ces concepts prennent très bien, on sent une demande. »
« Côté nature »
D'autres propositions sont nées ces derniers étés de part et d'autre de l'île. Au sud, face aux célèbres parcs à huîtres de Marennes, trois compagnies proposent des sorties en voilier. Moins plébiscitées que le traditionnel tour du fort Boyard, de l'autre côté d'Oléron, elles vantent aux touristes la beauté des dunes et racontent l'histoire du village enseveli de Saint-Trojan-les-Bains.
« On met en avant le côté nature », explique Rafaël Lanneluc, l'un des skippeurs. Et cette stratégie semble porter ses fruits. Sur les remparts du Château, un groupe d'amis lyonnais achève son séjour. « On ne connaissait pas du tout, s'épanchent-ils. Mais on a beaucoup aimé. C'est très naturel, sauvage, vraiment joli. »
Mathis Beautrais, envoyé spécial en Charente-Maritime