Fièvre ? Courbatures ? Toux ? Mal à la gorge ? Diarrhée ? Fatigue inhabituelle ? Manque de souffle ? À peine sorti de la ligne 8 au métro Créteil-L'Échât pour rejoindre les travaux du Grand Paris Express (GPE), tout travailleur ou visiteur doit s'auto-diagnostiquer à un "point de contrôle Covid-19". S'il répond "non" à toutes ces questions, il récupère un masque ainsi que du gel hydroalcoolique. "Chacun passe 30 à 60 minutes supplémentaires entre son arrivée sur site et sa prise de poste du fait des procédures Covid. Il nous faut tout réinventer", témoigne le président d'Eiffage Génie Civil, Guillaume Sauvé.
Sur ce chantier de la ligne 15 Sud, tout s'est arrêté le 17 mars à la demande la Société du Grand Paris (SGP), notamment au motif de l'indisponibilité des sas de décompression liée à la surcharge des hôpitaux. En cas de problème sur le tunnelier, par exemple s'il faut changer une molette, le pilote peut quitter son poste et y accéder. Il faut toutefois qu'il passe par ce sas, qui permet une transition atmosphérique sans s'astreindre à revêtir un scaphandre. Au moindre accident, cela aurait été compliqué d'envoyer une équipe médicale sur place.
"Le 17 mars, un coup de frein a été donné pour faire face aux enjeux de sécurité posés par la désorganisation soudaine issue du début du confinement, puis la SGP a travaillé à la reprise avec la Fédération nationale des travaux publics (FNTP) et les professionnels sur le guide de l'OPP-BTP comme cadre de référence", confirme le président de la Société du Grand Paris. "Dès le 10 avril, nous avons donné un ordre de service pour enclencher la relance. Le 20, les chantiers ont redémarré. Les entreprises des TP sont proactives, elles ont la culture de la sécurité", salue Thierry Dallard.