Google Earth : la peinture vue du ciel

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L'artiste Emard* propose une peinture imprégnée de notre temps et de nos technologies ; la base de son travail est une recherche de plans choisis sur Google Earth alliant perspectives vertigineuses et contre-perspectives, close-ups et vues générales.

Ce n?est pas son style qui s?impose aux vues du ciel sélectionnées mais sa palette qui s?adapte à celles-ci grâce à sa parfaite maîtrise des techniques picturales. Ainsi, l?effet pixellisant du zoom de Google Earth et les vues plus diffuses du « dé-zoom » sont parfaitement rendus par un choix de touche de peinture à l?huile plus ou moins vives et plus ou moins précises. « Par le biais de l'épaisseur de la peinture et le jeu de la couleur, j?attribue aux villes une matérialité qu'elles ne possèdent pas » dit Emard.

Il est intéressant d?observer le traitement de compositions inspirées de vues des villes de New York, Miami, Londres ou Le Caire qui pour certaines avaient été représentées sous des angles de « photos satellites » par Philippe Cognée, autre peintre de talent. Cognée les avait traité de façon quasi monochrome dans des teintes blanches, grises et bleues pâles. A l'instar d'un Bonnard ou d'un Rothko, dont il revendique les influences, D. Emard est lui un artiste de la couleur, du contraste et de la lumière.

D?ailleurs, alors que Rothko a toujours refusé d'être catalogué comme peintre abstrait, D. Emard, ne nie plus, ni n'accepte, l?abstraction ou la figuration. Ce n'est pas sa préoccupation qui est plutôt la couleur, la vitalité et le rythme.

Il interprète librement les photographies aériennes, digère leur froideur et leur inhumanité et met en lumière leurs évidences et leurs paradoxes. Par le biais de l'épaisseur de la peinture et le jeu de la couleur, Emard leur attribue une matérialité que les photographies ne possédaient pas : contre-point chromatique, composition, ...

Ses ?uvres les plus impressionnantes sont d?ailleurs les vues les plus lointaines des villes comme Tokyo ou Mexico où les blocs d?immeubles ne sont plus représentés que par des tâches de couleurs très vives, car il ne cherche jamais le détail ou l'anecdote, mais juste à capter l'intensité et le rythme de la composition, la force d'une ligne de perspective ou la touche colorée d'un parc ou d'un panneau publicitaire, qui sont autant d'éléments qui ponctuent et rythment ses ?uvres. L?ensemble devient une toile quasi abstraite striée par les lignes des principales artères de ces villes, une sorte de Mondrian urbain sur lequel tout comme sur Google Earth, nous avons envie de zoomer à l?infini pour nous y perdre.

*Emard est un artiste français dont les séries de peintures « Google earth » ont été présentées à Paris lors de la dernière exposition In Situ de la galerie ArtFloor.

Artfloor - Galerie et marché de l'art
 

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Commentaires
a écrit le 05/12/2010 à 17:08 :
Le site de l'artiste:

www.dominiqueemard.com

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