Marier culture et croissance économique au XXIème siècle (I)

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Dans le cadre de la présidence française de l'Union européenne, le "Forum d'Avignon", qui s'est tenu du 16 au 18 novembre, avait choisi comme thème cette année "Culture, facteur de croissance". Pour l'ancien ministre Renaud Donnedieu de Vabres, il est nécessaire de consolider un espace culturel européen qui assure la plus grande diversité, ce qui passe par la promotion d'un statut particulier des petites entreprises, créatrices mais fragiles économiquement.

Globalisation, mondialisation. Quelle est la portée de ces termes pour la culture ? Il n'y a pas une culture mondiale, mais une culture des cultures. Tel est le sens de la "Convention sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles" établie en 2005 à l'Unesco. Traduire concrètement cette Convention, organiser son objectif de diversité culturelle incarnée, telle est l'ambition du Forum d'Avignon. Pour l'Union européenne et chacun des Etats membres, cela passe par la prise en compte des réalités économiques de la culture.

Consolider la diversité doit être une priorité politique, exigeant une vigilance permanente. Si l'Europe est aujourd'hui une entité composée d'une multitude de cultures, il lui reste à renforcer un espace culturel commun qui doit fluidifier la circulation des artistes et des ?uvres. Un tel échange forgera un public européen, en sus des publics nationaux. La culture n'est pas une composante additionnelle, mais un facteur nécessaire de la croissance économique.

Pourquoi la recherche et la rénovation urbaine seraient-elles des priorités économiques, sans que la culture leur soit associée ? Le forum d'Avignon doit contribuer au décloisonnement de ces mondes et à l'instauration de passerelles entre la culture et la croissance, entre la culture et le développement durable. C'est un enjeu de démocratie et de progrès en Europe et en France. Mais, il faut le dire et le redire, la culture n'est pas un produit comme un autre. C'est une économie des singularités. Elle est souvent faite de prototypes ; elle résulte d'une alchimie complexe de talents, de créativités, de rêves, de réussites mais aussi de fragilités et de précarités.

Cette économie ne pourrait exister s'il n'y avait pas, à côté de grands groupes internationaux, des entreprises indépendantes plus petites et plus souples. Plus fragiles aussi. Mais elles sont le c?ur de la diversité culturelle, la source de son renouvellement. C'est pourquoi, comme l'a proclamé la "Déclaration des indépendants" lors des Arènes européennes qui se sont tenues en octobre dernier sous l'égide de Christine Albanel, il est vital que soient défendues ces petites et moyennes entreprises, pour lesquelles un statut spécifique doit être obtenu à l'échelle européenne. Il y a urgence car en période de crise économique, ces "PME" sont plus exposées que les grandes entreprises alors que ce sont les laboratoires de la créativité et de l'innovation, donc de la future croissance. Du forum d'Avignon naîtra, je l'espère, ou s'ancrera davantage dans les esprits la volonté partagée d'une réunion, ou d'une série de réunions, des ministres de la Culture et de ceux de l'Economie.

Pourrait alors être inscrite cette question fondamentale des entreprises culturelles indépendantes. Le Forum d'Avignon participe à la prise de conscience des peuples que leur culture est une valeur vivante à défendre, le contraire d'une nostalgie. Les politiques culturelles, en Europe comme ailleurs, sont confrontées à des défis majeurs dans toutes les disciplines et à tous les stades de création et de diffusion des ?uvres. Le numérique et la mise en réseau, qui peuvent être des chances formidables, sont parmi deux des défis les plus cruciaux à relever. Il faut agir et concevoir et mettre en ?uvre des outils innovants de financement de la création.

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Commentaires
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
toujours pareil de croire que c'est l'organisation humaine (les) qui sont fautives dans nos" pseudo malheurs" en refusant de voir la vrai raison que nul d'entre vous accepte, de regarder en face.la terre est "finie" en tout, ressources limitées dont la fin est proche,aucun nouveau continent a l'horizon pour de nouvelles terres,le mal des uns se deverssant sur les autres (la pollution poussée par les vents n'a pas de frontieres ) c'est bien l'HOMME'de qui il s'agit ;6 milliards a vouloir toujours plus,et bientot de maniere plus ou moins exponentielle combien ? 8,10, 18,ext...sur une meme surface avec les memes ressources?......l'HOMME' est devenue le cancer de la vie ,le cancer de lui meme ,de sa destinée ,et comme disent certain dans les chaumieres ,une bonne guerre ne laissant vivant que ce qui serra naicéssaire a la future prospérité ferra le plus grand bien au genre..bien sur que si," mais qui doit crever le premier sur la sphere" plutot" toit que moi hein"!!!!!

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