Avec la crise, la survie de l'euro est en jeu

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Par Martin Feldstein, professeur d'économie à Harvard, a dirigé le comité des conseillers économiques du président Reagan.

L'Union économique et monétaire européenne (UEM) et l'euro vont fêter leur dixième anniversaire. L'euro se porte bien depuis son lancement sans heurts, aidé par la Banque centrale européenne qui a pour seule mission de contrôler l'inflation. La crise économique actuelle pourrait mettre à l'épreuve la survie de l'euro. Si elle peut renforcer les institutions de l'UEM, elle peut aussi multiplier les risques pour chaque Etat membre.

Or, la situation de chaque membre peut évoluer si diversement que certains leaders politiques nationaux pourraient adopter des politiques divergentes des autres membres. Les différences actuelles entre les taux d'intérêt des obligations d'Etat de la zone euro montrent que les marchés financiers envisagent une rupture comme possible. Par exemple, les obligations d'Etat à dix ans en Grèce et en Irlande rapportent désormais près d'un point de pourcentage de plus que les obligations comparables en Allemagne, tandis que le taux de celles de l'Italie est presque aussi élevé.

Si une rupture de ce type est plus difficile au sein de l'UEM pour des raisons techniques et juridiques, pour autant les pays qui le veulent vraiment peuvent se retirer. La raison la plus évidente serait de vouloir échapper à la politique monétaire identique imposée par la monnaie unique. Les pays qui seraient en crise ces prochaines années et craindraient qu'elle ne devienne chronique pourraient être tentés de quitter l'UEM, afin d'assouplir leurs conditions monétaires et de dévaluer leur monnaie.

Le Pacte de stabilité et de croissance, qui limite les déficits budgétaires des membres de la zone euro, est une autre raison de vouloir quitter l'UEM. En cas de grave récession, certains pays pourraient opter pour une politique keynésienne traditionnelle par le biais de mesures d'incitation budgétaire à grande échelle et financées par le déficit. Bien que le Pacte de stabilité et de croissance soit suffisamment élastique pour stimuler le déficit, il peut arriver que des pays se sentent empêchés d'agir comme ils l'entendent.

La crise financière soulève un autre problème?: l'absence de véritable "prêteur de dernier ressort". Reste à voir dans quelle mesure la BCE sera disposée à proposer aux banques centrales et nationales le volume d'euros nécessaire pour jouer ce rôle. Si un pays voit ses banques s'écrouler parce que sa banque nationale n'a pas pu leur prêter suffisamment, il risque de quitter l'UEM pour que cette banque fournisse autant de monnaie locale qu'elle le juge nécessaire.

Par ailleurs, la crise a renouvelé le débat sur la nécessité de mettre en place une autorité fiscale pour l'Union européenne. Quelle que soit la logique de cette proposition, elle ouvrirait la voie à une redistribution plus importante des revenus, ce qui serait une raison suffisante pour que les pays à revenus élevés veuillent quitter l'Union.

Même si les responsables ne veulent pas abandonner l'euro, ils risquent d'en arriver là pour amener les autres pays à accepter un changement. Les pays considérant la politique monétaire et fiscale trop stricte pourraient menacer de se retirer. Le risque est certes que les autres ne soient pas intimidés. Les auteurs des menaces devraient alors choisir entre une défaite humiliante et rester dans l'Union, ou camper sur leur position et partir.

Tout cela suppose que les responsables opteront uniquement pour un changement de politique qu'ils estiment dans l'intérêt à long terme de leur nation. Il n'est pas exclu que certains politiciens agissent par intérêt personnel, voyant dans la crise une chance d'être élus, en promettant de retirer leur pays de l'UEM ou en menaçant de le faire si les autres membres n'acceptent par les changements politiques proposés.

Tout cela ne signifie pas que l'Union monétaire sera inévitablement victime d'un grave déclin économique. Toutefois, la crise actuelle sera un test plus exigeant pour l'euro que ceux qu'il a dû passer durant dix ans.

© Project Syndicate 1995-2008.
 

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Commentaires
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Cet économiste américain ne connait strictement rien à la situation en Europe. Aucun pays ne veut quitter la zone euro. Les marchés financiers se trompent comme tojours...Le Pacte de stabilité a été suspendue ; la politique monétaire assouplie ; les banques centrales nationales n'ont pas de probléme de liquidités ; les pays riches peuvent refuser une politique plus redistributive sans avoir à quitter l'union. Martin Felstein invente des statégies invraisemblables de chantage d'un pays envers l'union que aucun ne pratique.
Que ces bétises soient publiés aux Etats-Unis pour tromper des lecteurs ignorants, passe encore. Mais faut-il les reprendre en France.
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Sir Feldstein,
Vous n'êtes pas le seul économiste à parier (voir rêver) sur la fin de l'euro comme votre ami fukuyama avait parié sur la fin de l'histoire !le prix Nobel Robert Mundell avait déjà pronostiqué l'échec de l'euro en prétextant que l'euroland n'était pas une zone monétaire optimale .Pour ces économistes ,dont l'euro refute leur paradigme ,face à un choc économique ,la réaction des économies européennes sera asymétrique vu leur hétérogénéité .L'Amérique n'est pas une zone économique homogène ,la côte ouest n'est pas la côte est ,la Sillicon Valley n'est pas le Texas ni l'Iowa ! Cette thèse n'est donc pas recevable.
L'offensive idéologique contre la jeune BCE est justifiée par son modéle macroéconomique orthodoxe qui a prouvé son succés à construire une crédibilité auprés des marchés ,contrairement à la Fed qui par sa politique ,l'économie mondiale passe de bulle en bulle ,dela bulle intenet à la bulle immobilière à la crise systémique.La BCE ,l'union européenne n'ont pas de leçon à revevoir ,surtout pas de Feldstein et sa défense acharnée de la mobilité des capitaux pour financer les déficits abyssaux d'une Amérique qui vit au dessus de ses moyens , qui parasite le fonctionnement mondial des marchés.En fait ,ce qui dérange Mr Feldstein ,c'est la réussite du projet européen basé sur l'entente stratégique franco-allemande. L'union américaine s'est construite dans le sang ,l'union européenne dans la paix .L'activisme surréaliste du président Sarkozy a montré au monde entier que l'Europe est devenu un acteur majeur dans le dessein d'une nouvelle architecture financière mondiale contre le gré des américains.Heureusement ,que face à la vacance du pouvoir en Amérique ,il y avait Sarkozy et les européens pour éviter au monde une nouvelle crise de 1929.
Mr Feldstein ,the game is over ! l'euro est une réussite et heureusement pour le dollar!
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
M. Feldstein ne souhaite rien du tout, il s?en tient tout simplement aux faits. Du fait de la crise du crédit, la hausse du taux des obligations d?Etat de certains pays de l?UE leur fait courir un risque d?étouffement financier, lorsque ces Etats sont très endettés. Et, pour s?en sortir, il est très possible que la seule solution qu?ils envisagent soit la dévaluation de leur monnaie, ce qui impliquerait leur sortie de l?euro.

On va bien voir. La Grèce n?est pas très loin de cette situation extrême. Complètement à court de cash, l?Etat grec en est à siphonner les fonds de la Sécurité sociale grecque. Du coup les hôpitaux n?ont plus de seringues, les pharmacies ferment, etc... et la rue se soulève. Il ne va plus pouvoir payer ses fonctionnaires ni ses retraités, sauf s?il revient au drachme et s?il dévalue de 50%.

Et n?oublions pas que la situation d?endettement de l?Etat français est assez comparable à celle de la Grèce.
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
M. Feldstein ne souhaite rien du tout, il s?en tient tout simplement aux faits. Du fait de la crise du crédit, la hausse du taux des obligations d?Etat de certains pays de l?UE leur fait courir un risque d?étouffement financier, lorsque ces Etats sont très endettés. Et, pour s?en sortir, il est très possible que la seule solution qu?ils envisagent soit la dévaluation de leur monnaie, ce qui impliquerait leur sortie de l?euro.

On va bien voir. La Grèce n?est pas très loin de cette situation extrême. Complètement à court de cash, l?Etat grec en est à siphonner les fonds de la Sécurité sociale grecque. Du coup les hôpitaux n?ont plus de seringues, les pharmacies ferment, etc... et la rue se soulève. Il ne va plus pouvoir payer ses fonctionnaires ni ses retraités, sauf s?il revient au drachme et s?il dévalue de 50%.

Et n?oublions pas que la situation d?endettement de l?Etat français est assez comparable à celle de la Grèce.
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
11/07/2005:
http://www.observatoiredeleurope.com/Croissance-en-berne,-chomage-en-hausse-faut-il-sortir-de-l-euro-_a306.html
l'euro est un mirage créé par des reveurs.... suffit de voir les 25 % d'écart de remuneration entre la dette italienne et la dette allemande pour s'appercevoir que c'est une devaluation qui ne dit pas son nom... la crise va precipiter ces écarts vers une explosion....
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
On sent dans les propos de ce Feldstein, un égoïsme latent mais omniprésent ! L?Amérique est un grand pays mais petitement gouverné ! ( Un peu comme la?Chine avec son chantage commercial et son mépris des Droits de l?Homme !...)
Une Union pour être forte doit être unie et cultiver l?altruisme, la solidarité, le partage, l?entraide et l?Amour du Prochain !
L?Amérique protestante qui se targue de bien connaître les Ecritures ignore ce qu?Elles « disent » :
« Au moyen d?une égalisation de vos surplus à présent compensent ce qui leur manque !
« Car il ne s?agit pas de vous exposer à la détresse pour soulager les autres mais de suivre une Règle d?Egalité !
« Dans le cas présent, votre superflu pourvoira à leur indigence !!!... » (II Corinthiens 8 / 13-14.)
Cette Amérique « si pieuse » ignore aussi que :
« Personne ne peut servir deux maîtres Dieu ET Mammon !... »
Elle ignore aussi que :
« Quiconque d?entre vous ne renonce pas à tout ce qu?il possède ne peut être mon Disciple » a dit Jésus-Christ en Luc 14/33.
Cette Amérique où les présidents osent citer Dieu, ignore que
Tous les Disciples du Christ mirent tous leurs biens en commun et vivaient en communauté égalitaire, fraternelle t libre ! »
( Cfr. : Actes des Apôtres 2 / 44-45 et 4/32.)Pierre Bothy,
Philosophe chrétien, écologiste et socialiste de l?Institut Pelman à Paris.
Pour l'éducation scientifique de l'Esprit. Egalement diplômé au niveau « technicien » en métallurgie. Résidant au : 33, aux Trois Bonniers, B 5020 Vedrin - Namur, Région wallonne, BELGIQUE-EUROPE. Tél.:032 / 081-21 11 58 GSM : 0485 62 18 51 eMai : vt6410544@tele2allin.be Site : (en projet

a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
La crise a autant de chances de provoquer l'éclatement qu'un reserrement des rangs vertueux en phase avec le moteur allemand, mais cette dernière option est en réalité la seule viable,demandez à l'Islande ce qu'elle en pense,bien sur avec un passage par la case réduction de pouvoir d'achat non pas par la dévaluation en sortant de l'?, mais par le gel voire la réduction des salaires et un grand serrage de ceinture coté dépenses. Il va surement y avoir du mécontentement social à affronter, comme en Grèce actuellement,mais on a les dirigeant qu'on élit et on récolte ce qu'on a semé, on est en démocratie aprés tout!

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