Après le G20, un ordre équitable, prudent et généreux

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Les Européens unis ont joué un rôle déterminant pour faire triompher la cause de la régulation au G20 de Londres. Les têtes de liste UMP pour la campagne des élections européennes (Michel Barnier, Joseph Daul, Dominique Riquet, Dominique Baudis, Françoise Grossetete, Jean-Pierre Audy, Christophe Bechu, Marie-Luce Penchard) plaident pour une Europe plus opérationnelle, une Europe qui sache se coordonner pour relancer l'économie et définir de nouvelles règles, une Europe capable d'imposer ses valeurs, une Europe juste, prudente et généreuse. Une Europe "verte" enfin, avec le prochain sommet de Copenhague sur le changement climatique.

A Londres, le 2 avril dernier, vingt chefs d'Etat, représentant 60% de la population et 85% des richesses du globe, se sont mis d'accord pour changer les règles du capitalisme international. Il était temps. Depuis la chute de Lehman Brothers en septembre, la confiance s'est effondrée, le crédit s'est tari, entraînant la ruine non seulement des banques mais, à leur suite, des entreprises et des ménages.

Aux Etats-Unis, les pertes d'emplois se chiffrent en millions depuis le début de la crise. Pour cette année, le Fonds monétaire international prévoit une contraction du PIB mondial, comprise entre - 0,5% et - 1% en 2009, du jamais vu depuis la Seconde Guerre mondiale. Les flux commerciaux diminuent pour la première fois en un quart de siècle. Le monde est entré en récession. La réponse devait être mondiale.

Les plans de relance entrepris dans le monde entier ont déjà permis d'éviter le pire, grâce au volontarisme et au souci de coordination des dirigeants. En France, le président de la République a décidé d'un effort de relance national de près de 4% du PIB, un chiffre comparable à celui des autres pays européens. La réactivité de l'ensemble des gouvernements autorise de nombreux experts mondiaux à espérer la reprise pour 2010.

Cette réponse technique était nécessaire, mais pas suffisante. Il fallait reconstruire la maison commune sur de nouvelles fondations, plus saines et plus durables. Encadrer par des règles le capitalisme financier, ce n'est pas renoncer au capitalisme. C'est au contraire le sauver pour le rendre à sa vocation première, inventée il y a cinq siècles par les marchands de Gênes et d'Amsterdam, pour encourager les hommes à entreprendre et à innover, pour créer une prospérité partagée.

Que s'est-il passé depuis, pour que ce modèle, choisi, au nom de la liberté, par la majorité des pays, sombre peu à peu dans la folie spéculative ? Que s'est-il passé pour que le plus prospère des systèmes nous entraîne aujourd'hui dans la pire des crises ? Il s'est passé que la politique s'est retirée du jeu. On a prôné la dérégulation au nom de la liberté et le laisser-aller au nom du laisser-faire. Les principes sont devenus des dogmes, les idées des idéologies. Les banquiers centraux se sont mis en pilotage automatique. En invoquant "l'autorégulation" des marchés, ils n'ont démontré que leur autosuffisance. Et les gouvernements ont pudiquement détourné leur regard, abandonnant sans surveillance les enfants terribles de la finance.

Aujourd'hui, au G20, la politique a repris la main. Nous avions besoin d'une telle révolution morale, qui retrouve les vraies valeurs de l'économie de marché, telles qu'Adam Smith les décrivait lui-même : la justice, la prudence, la générosité. Ce sont ces valeurs que le président de la république, réunissant les Européens, a mises en avant dès le début de la crise, en appelant à une nouvelle régulation internationale des marchés. Ce sont ces valeurs qui ont été portées par l'Union européenne et défendues auprès de nos alliés américains à Washington en novembre dernier.

Ce sont ces valeurs qui ont finalement triomphé à Londres : des Etats-Unis à la Chine, de l'Australie au Brésil, de l'Afrique du Sud à l'Indonésie, en passant bien sûr par l'Union européenne, les grands Etats ont prouvé qu'on peut décider, en une journée historique, d'un "nouvel ordre mondial", pour reprendre les termes du Premier ministre britannique. Un ordre qui ne restera pas un vain mot, puisqu'il sera nourri par les 1.100 milliards de dollars promis par les pays du G20, et incarné par un nouvel organe de régulation, le Financial Stability Board (Comité de stabilité financière).

Quel sera ce nouvel ordre ? Un ordre équitable : on ne peut plus accepter un monde où tous les joueurs ne jouent pas selon les mêmes règles. C'est pourquoi le G20 a décidé de réguler des acteurs qui échappaient jusqu'à présent à tout contrôle, que ce soit des institutions comme les "hedge funds" et les agences de notation, des territoires comme les paradis fiscaux, ou des individus comme les traders, dont les rémunérations doivent mieux refléter les performances réelles. Un ordre prudent : les banques seront soumises à de nouvelles règles prudentielles et comptables, qui les obligeront à constituer des réserves en période de croissance, pour pouvoir affronter sereinement les aléas inévitables du marché.

Un ordre généreux : les ressources dévolues au FMI pour venir en aide aux pays les plus touchés par la crise sont triplées, avec une allocation immédiate de 500 milliards de dollars, et à moyen terme de 250 milliards de dollars supplémentaires. Ses fonds de réserve sont, quant à eux, augmentés de 250 milliards de dollars. De plus, 100 milliards de dollars sont dévolus aux banques de développement multilatérales.

Enfin, pour que la condamnation du protectionnisme dépasse le domaine des belles paroles, les Etats du G20 ont décidé de consacrer 250 milliards de dollars à garantir les crédits à l'exportation.

A Bretton Woods, en 1944, ce sont les Anglais et les Américains qui avaient imposé leur vision du monde. A Londres, en 2009, les Européens unis ont joué un rôle déterminant pour faire triompher la cause de la régulation. C'est cette Europe-là que nous défendrons au parlement européen : une Europe qui sait se coordonner pour relancer l'économie et définir de nouvelles règles ; une Europe capable d'imposer ses valeurs ; une Europe juste, prudente et généreuse. C'est cette Europe-là que nous voulons rendre opérationnelle, en veillant au respect des engagements pris au G20. C'est cette Europe-là que nous voulons continuer à bâtir, avec le prochain sommet de Copenhague sur le changement climatique.

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Commentaires
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
UN ENGAGEMENT DU G20? =AGIR QUAND ?A PÄQUE OU LA TRINITEE??
AGIR RAPIDEMENT DE SUITE !!UN PRELEVEMENT OBLIGATOIRE SUR
TOUS LES COMPTES OUVERT DANS TOUS LES PARDIS FISCAUX ???
UN PRELEVEMENT DE 10 % QUI SERA REVERSE A CHAQUE ETAT QUI CORRESPOND AUX COMPTES OUVERT ??AGIR VITE SVP PAS DE BLA BLA LES POPULATIONS SONT FATIGUE DES PAROLES !! LES ACTES??
POUR QUAND?? MERCI A VOUS

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