Le magot des retraites

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Par Pierre-Angel Gay, directeur adjoint de la rédaction de La Tribune.

Les chercheurs d'or sont déjà là. Le magot du Fonds de réserve pour les retraites (FRR), puisqu'il y en a un, suscite déjà les convoitises. Créé en 1999, ce fonds devait être doté par l'Etat de recettes jusqu'en 2020, pour préparer le choc des retraites. Des noisettes pour la disette, lorsque le pic attendu du versement des pensions mettra en péril notre système par répartition.

L'histoire s'est écrite autrement. L'ambition de Lionel Jospin s'est perdue dans les sables. Le FRR n'a jamais reçu que des recettes de poche, qui lui valent de détenir moins de 35 milliards d'euros d'actifs, quand l'objectif pour 2010 était de 150 ! Ces 35 milliards devraient en faire 87 en 2020, si l'on en croit les projections optimistes de ses responsables. Un joli pactole en apparence, mais qui ne couvrira qu'à peine deux ans de déficit à ce moment-là. Alors, à quoi bon attendre ? Pourquoi emprunter quand on a de l'argent à la banque, s'interroge benoîtement le ministre du Travail, Eric Woerth ? Pourquoi dépenser demain ce que l'on pourrait dilapider tout de suite ?

Après tout, c'est ce que font nos hommes politiques depuis des décennies. Le magot du FRR, tout bien pesé, c'est exactement le montant du... grand emprunt ! L'argent des retraites pour préparer l'avenir de la jeunesse. Ni vu ni connu, j't'embrouille. On en frémit. Alors, la proposition d'Augustin de Romanet, directeur général de la Caisse des dépôts, donne à réfléchir : confier à la CDC, ou plutôt à son bras armé, le Fonds stratégique d'investissement (FSI), le tiers des actifs du malheureux fonds de réserve, n'aurait que des avantages.

D'abord, parce que la Caisse est chargée, depuis 1816, de protéger l'épargne des Français de tout acte arbitraire du pouvoir exécutif. Et, jusqu'ici, la digue a plutôt bien tenu. Ensuite, parce que le FSI, véritable fonds souverain à la française, s'est jusqu'ici plutôt bien acquitté de sa mission. Il s'est glissé comme investisseur de long terme dans le paysage industriel. De long terme ? Presque un gros mot en politique.

 

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