Malheureux comme une banque anglaise

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Par Pierre-Angel Gay, directeur adjoint de la rédaction de La Tribune.

Dans le grand capharnaüm de la taxe bancaire en Europe, les perdants et les gagnants ne sont pas toujours ceux que l'on croit. Les perdants sont à Londres pour la première fois depuis que, en 1986, le vaste mouvement de dérégulation, initié par Margaret Thatcher, a fait la fortune de la City. Sans trop prendre de gants, le chancelier de l'Echiquier, George Osborne, a annoncé mardi qu'il allait prélever cette année 950 millions d'euros supplémentaires sur les établissements financiers. Au total, la nouvelle taxe britannique coûtera aux banques près de 3 milliards d'euros ! C'est deux fois plus qu'en Allemagne, où le gouvernement entend ponctionner à terme 1,5 milliard par an pour alimenter son nouveau fonds anti-crise. Et c'est le triple de la France, où les banques devront acquitter 1 milliard d'euros en rythme de croisière : 500 millions de taxe stricto sensu, à laquelle s'ajoutera une myriade de contributions (fonds de garantie des dépôts, frais de supervision...).

Bien sûr, ces disparités sont à pondérer par le poids respectif des secteurs financiers dans les trois pays. Et il faut souligner que ces distorsions ne sont pas injustifiées. Au plus fort de la crise, Londres a dû injecter 138 milliards d'euros pour sauver son système financier et Berlin, près de 30. A Paris, on le sait, les prêts faits aux banques pour les aider à surmonter la pénurie temporaire de liquidités ont rapporté 2 milliards à l'Etat. Enfin, les établissements hexagonaux restent handicapés par une anomalie fiscale particulièrement malthusienne, une taxe sur les salaires qui leur coûte 1,5 milliard d'euros par an. Mais il n'empêche, dans son bras de fer qui l'oppose à la City sur les bonus, le chancelier de l'Echiquier vient de lui infliger sa première vraie défaite depuis un quart de siècle.

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