Zone euro : ça passe ou ça casse

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Philippe Mabille, directeur adjoint de la rédaction

Six semaines à peine après l'accord historique du 21 juillet, qui a fixé le cadre légal d'un plan de sauvetage de la Grèce, la zone euro est de nouveau dans l'oeil du cyclone. Après le départ vendredi de la troïka internationale chargée de surveiller Athènes, la pression va être maximale sur tous les pays d'Europe du Sud pour qu'ils crédibilisent leurs programmes d'ajustement budgétaire. Faute de quoi il sera impossible pour les gouvernements des pays « créanciers » de faire avaliser l'accord européen par leurs parlements. Une véritable course contre la montre est donc engagée, entre les marchés d'une part, qui ne croient pas une seconde que la Grèce parviendra un jour à rembourser sa dette, et les démocraties de la zone euro, qui tentent de sauver l'union économique et monétaire. « À tout prix », comme l'a laissé entendre Nicolas Sarkozy la semaine dernière ? C'est bien la question. Alors que le Parlement français doit voter cette semaine l'aide à la Grèce, sur laquelle se prononcera mercredi la Cour constitutionnelle allemande, la semaine s'annonce comme un moment de vérité. Trois ans après la chute de la banque américaine Lehman Brothers, l'Europe est menacée de revivre une crise financière majeure. À force de jouer au « ça passe ou ça casse », les gouvernements européens font reposer le salut de l'euro sur une dangereuse surenchère à la rigueur. Au risque de plonger toute l'Europe dans un cycle dépressif infernal, bien illustré par le cas de la Grèce, piégée dans une politique d'austérité sans fin. C'est pour cela que les Européens doivent d'urgence concrétiser par la loi l'accord du 21 juillet : il n'y a pas de solution à la crise actuelle si on ne redonne pas du temps aux pays surendettés pour leur permettre de mettre en oeuvre sans explosion sociale une réduction des déficits crédible et une politique de croissance dans la durée, c'est-à-dire sur cinq à dix ans. Ce qui est valable pour la Grèce aujourd'hui le sera tout autant pour la France demain.

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