Ultime concertation ou cynisme ?

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Par François Roche, conseiller éditorial à La Tribune.

L'information est passée presque inaperçue : les laboratoires Roche ont décidé d'interrompre la fourniture de traitements contre le cancer et autres maladies graves à certains hôpitaux publics grecs, à cause de retards de paiement de ces établissements... Si l'on cherche à illustrer les conséquences réelles de la crise grecque sur la vie quotidienne, cet exemple arrive à point. Pendant ce temps, à Wroclaw, les ministres des Finances de l'Union européenne se réunissaient pour décider du versement de la tranche de 8 milliards d'euros d'aide à la Grèce, prévue dans le cadre du plan de sauvetage de 2010. Naturellement, ils ne se sont pas mis d'accord, et ont reporté toute décision à la mi-octobre. Cette fois, c'est la mise en oeuvre d'une taxe sur les transactions financières qui a divisé l'Europe, ainsi que la nature des garanties que la Grèce pourrait fournir aux pays européens. D'ici à la fin octobre, la Grèce doit verser 5,6 milliards d'euros pour payer les intérêts de sa dette extérieure. Ce n'est donc pas demain que les hôpitaux pourront payer leurs factures aux laboratoires Roche. Les malades peuvent bien attendre...

De deux choses l'une : ou Angela Merkel et Nicolas Sarkozy disent vrai lorsqu'ils affirment vouloir sauver la Grèce et la zone euro coûte que coûte et, dans ce cas, on ne peut que s'interroger sur la carence de leadership de l'Union face à une situation aussi critique. Soit un consensus rampant se dessine pour gagner du temps afin d'organiser un défaut de la Grèce qui n'entraîne pas un démantèlement de la zone euro... Alors, il faut déclarer le défaut grec aujourd'hui même pour au moins laisser aux Grecs la disposition de ces quelques milliards d'euros, qui seront, de toute façon, absorbés par le déficit abyssal des Finances publiques. Il y a quelque chose de malsain à jouer la montre de la sorte, sans que l'on sache très bien s'il s'agit d'une ultime concertation ou d'une manoeuvre de pur cynisme.

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