La der des ders...

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L'éditorial de la dernière édition du quotidien papier.

Voilà. C'est bouclé. Les bons à tirer sont affichés au mur. Vingt-quatre pages d'un quotidien devant lesquelles les uns et les autres passent et repassent lentement. C'est notre dernier quotidien, notre ultime Tribune imprimée sur ce mauvais papier journal, que nous avons tant aimé, mais à qui les augures prévoient un destin funeste. Dans ce numéro un peu spécial, nous revenons en détail sur les raisons pour lesquelles ce journal cesse de paraître sous sa forme traditionnelle, sur l'histoire de La Tribune, les souvenirs qu'ont voulu raconter les journalistes, les témoignages de sympathie, de soutien, d'affection parfois émanant de nos lecteurs.

A partir de demain, La Tribune continue sous une autre forme mais, malheureusement, une bonne partie d'entre nous n'en sera pas. C'est un crève-coeur. Et ce n'est pas une formule en l'air. Un quotidien papier obéit à des rythmes particuliers, lenteur apparente à certains moments, agitation fiévreuse à d'autres, du bruit, des débats, des réunions, des engueulades, pour qu'à la fin de la journée, se produise ce petit miracle des pages accrochées au grand tableau final qui filent déjà, sous forme de fichiers électroniques, vers les imprimeries. Un journal n'est pas une juxtaposition d'articles dans un ordre et sous une forme définis. C'est un tout, un ensemble qui transcende les différences, voire les inimitiés personnelles. Et rythmé par ce fameux "A la", chant des ouvriers rotativistes, devenu peu à peu l'hymne du journal, entonné fort et faux, mais avec vaillance, en toute occasion. Et puis il y a cette petite cérémonie du matin où chacun prend un journal sur la pile qui sent le papier et l'encre, signe "matérialisé" de l'oeuvre commune.

Ne vous y trompez pas : il n'y a pas de refus de la technologie dans ces lignes, ni de négation de l'importance prise, ces dernières années, par les nouvelles formes de consommation de la presse sur ordinateurs, smartphones et tablettes. La Tribune avait largement anticipé cette révolution, ses applications mobiles étant même considérées comme les plus performantes du marché. Nous nous sommes préparés à la révolution numérique. Nous aurions simplement aimé pouvoir la poursuivre tous ensemble. Cela n'a pas été possible pour toutes les raisons qui sont exposées dans ce numéro. Ceux d'entre nous qui participeront à la construction de cette nouvelle offre éditoriale s'efforceront de faire vivre ce qu'entre nous nous appelons "l'esprit Tribune", si difficile à décrire et pourtant si reconnaissable. Mais il manquera toujours les autres...

 

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Commentaires
a écrit le 04/02/2012 à 14:21 :
courage
a écrit le 02/02/2012 à 9:37 :
Ancienne étudiante en éco et jeune salarié, je lis toujours la Tribune sur le net. Je ne regrette pas le papier mais plutôt l'absence de concurrence face aux Echos dont je n'aime ni la forme ni le traitement de l'information que ce soit sur papier ou en version net. Continuez à faire de la qualité sur le net !

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