François Hollande doit attaquer la deuxième partie de son mandat

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C'est donc acquis. Les engagements budgétaires ne seront pas respectés cette année, pas plus que la courbe de chômage ne s'inversera. François Hollande l'a admis samedi entre deux pis de vache au Salon de l'agriculture, assurant tout de même que l'objectif de zéro déficit pour 2017 demeurait et que si la situation de l'emploi restait mauvaise, il ne se résignait pas.
La conjonction de ces deux reniements, plutôt de ces deux évidences qui devaient bien un jour être admises, illustre cruellement l'équation insoluble à laquelle le président de la République apparaît aujourd'hui confronté. Le bons sens paysan, dont il a, espère-t-on fait le plein pendant les dix heures de sa visite de la « plus grande ferme de France », nous en redonne les termes : la rigueur, qu'elle soit de gauche ou de droite, pèse sur la croissance, sans croissance on diminue les recettes de l'Etat et on ne crée pas d'emplois.

Sauver ce qui était sauvable : l'euro
La France, l'Europe doivent donc maintenant se rendre à l'évidence et admettre qu'un changement de modèle prend du temps. Exiger de pays qui ont des histoires, des convictions, des priorités historiquement si différentes de tous marcher à la même vitesse n'a pas de sens. La semi révolte contre cette politique univoque que sont en train d'exprimer les Italiens dans les urnes en est la plus parlante des manifestations.
Se rendre à l'évidence. Oui, les pays européens ont besoin de faire autrement, oui, la mondialisation impose à nos vieux pays de s'interroger sur leurs convictions, oui, nous ne devons pas continuer à croire que l'histoire ne pourra jamais s'écrire sans nous. Les marchés financiers nous le crient avec brutalité depuis trois ans. Après avoir hésité, nous avons fini par répondre peu ou prou avec la même brutalité. Pour sauver ce qui était sauvable : l'euro. Fort bien. La réalité d'aujourd'hui nous rappelle que cela ne peut tout résoudre.
De ce point de vue, la relative bienveillance de la Commission européenne, l'étonnante confiance accordée ce weekend à la France par le ministre allemand des finances, Wolfgang Schaüble, apparaissent un rien rassurantes. Depuis six mois, François Hollande leur a donné quelques gages sur sa conviction à ne pas dévier de cette fameuse « trajectoire ». En affirmant qu'il continuera ainsi l'an prochain en privilégiant les économies plutôt que l'augmentation des impôts, il s'emploie à entretenir l'apaisement.

Faire accepter au corps social une nouvelle idée de la réforme
Mais cela ne suffira pas. La transformation d'un pays ne peut avoir la rigueur pour seul viatique aussi partagée - elle devrait d'ailleurs l'être beaucoup mieux - soit-elle. Plus personne ne conteste que l'Etat a besoin de se réformer : ce n'est pas seulement une nécessité financière, c'est vital pour la cohésion de la France. La suppression du jour de carence des fonctionnaires constitue à cet égard une erreur.
Pour exploiter les formidables ressources qu'elle possède, notre économie ne se contentera pas de s'accrocher à des combats pour la simple sauvegarde de ses vestiges industriels. D'autres chantiers autrement stratégiques méritent d'être ouverts au plus vite : le numérique, la transition énergétique, le développement des services à la personne... Les réserves d'emploi sont là.
D'une certaine façon, François Hollande vient d'achever la première partie de son mandat en ayant convaincu de sa moralité financière. Il attaque maintenant la seconde qui doit s'apparenter à une véritable...campagne. Faire accepter au corps social une nouvelle idée de la réforme, pas simplement celle visant à réduire les dépenses (quand s'attaquera-t-on enfin à l'organisation ubuesque de la formation professionnelle?) ; faire accepter au monde économique que la politique des symboles, pour beaucoup maladroits, ne fait pas une politique, et qu'il faut la prendre pour ce qu'elle est, c'est à dire, au fond, pas grand chose. Une vraie campagne, oui.

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Commentaires
a écrit le 26/02/2013 à 9:25 :
Si la première partrie du mandat est terminée, elle n'est pas brillante. Il a reussi le tour de force à semer sur son passage le chaos et l'incompetence. Il faut preciser qu'il estr secondé par de sacré personnage qui pense plus à se remplir les poches qu'autres choses. La seconde partie doit accentuer le chomage et plomber l'economie par des idées baroques et loufoques. Voici le Resultat HOLLANDE l'ILLUSIONISTE
a écrit le 25/02/2013 à 17:15 :
Oui il faut de vraies réformes
Réduire le déficit de l?état à moins de 3% du PIB
Inverser la courbe du chômage pour qu?il commence à baisser en fin d?année
C?est possible !
Une loi et un décret suffisent !

Remplacer la loi Fillon d?allègement des charges sociales par l?exonération pour les employeurs des cotisations sociales dues pour les 1000 premiers euros de salaire versé.
Financer cet allègement par des charges payées au delà des 1000 premiers euros multipliées par un coefficient ( note 1) qui annule cet allègement pour le salaire moyen.

Les économies pour le budget de l?état ont été évaluées à 30 milliards d?euros correspondant au coût des « allègements Fillon »(.Note 2) La réduction du déficit à 3 % du PIB serait largement atteint.

La réduction du coût du travail non qualifié provoquée par cette mesure est de 30% du coût « exonéré Fillon » . Cette réduction du coût du travail s?annulerait au niveau du salaire moyen (2150 euros nets) alors que l?exonération Fillon s?annule à 1,6 SMIC (1700 euros nets) (chiffres arrondis).
La croissance des services offerts à un coût réduit qui en résulterait provoquerait la croissance des emplois non qualifiés. Compter sur l?industrie pour résorber le chômage de masse est totalement irréaliste. Comme l?a démontré Fourastié la société issue de la révolution industrielle sera une société de services. Ceci sans baisser le soutien à l'industrie Française qui reste un secteur économique majeur pour la compétitivité de l'économie française.

Majorer pour les employeurs les cotisations sociales au delà du salaire moyen aurait-il un effet destructeur d?emplois qualifiés ?
Une simulation faite sur 20 000 entreprises industrielles montre que 70% des entreprises industrielles verraient leurs frais de personnel réduits.
Les prix des entreprises industrielles versant les salaires les plus élevés augmentés de moins de 2,5%.

Comment expliquer ce « miracle » ?
Cette mesure provoquerait la déformation des prix des biens et services offerts par les entreprises françaises (Note 3).
La simulation faite sur le secteur industriel le plus exposé à la concurrence des autres économies montre que cette déformation ne provoquerait aucune catastrophe et aurait les effets bénéfiques indiqués ci-dessus.

Je tiens à disposition des explications détaillées sur cette mesure.
Note 1 Les ressources des organismes sociaux sont donc identiques avant et après. Ce coefficient défini annuellement peut être estimé à 1,87
Note 2 On abaisse à 1200 euros le coût du travail payé au SMIC (1100 euros net). Actuellement le coût du travail payé au Smic est de 2100 euros abaissé à 1700 euros par l?exonération Fillon pour les employeurs qui peuvent en bénéficier.
Note 3 La dispersion des coûts salariaux passe à 5,5 entre le 9ème et le premier décile ce qui est comparable à ce que l?on constate aux États Unis. La dispersion des salaires reste identique à ce qu?elle est actuellement, environ 3,7.

a écrit le 25/02/2013 à 17:01 :
pourquoi il a tremine la premiere partie ,elle est poutant simple des taxes des impots et encore des impots ,concusion la consommation s'ecroule ,la production aussi et le chomage augmente, esperons que la deuxieme sera celle de faire des economies sur les deputes ,senateurs et toute le clique politique!!!
a écrit le 25/02/2013 à 14:15 :
Cela fait peur.
a écrit le 25/02/2013 à 14:03 :
Tres simplement: Le mondialiste est un jeux,c est celui qui fait au moins cher qui fabrique. Donc nous ne fabriquons plus rien et ainsi avons des chômeurs pour longtemps.
Pouvons nous nous protéger des produits des autres ?
Non, nous sommes dans l europe qui aime dire oui a tout...merci le lobbying..
Alors peut on fabriquer pour moins cher?
Non , notre système social et nos fonctionnaires ( ce n est pas une critique ) nous coûte cher.
Il s agit tout simplement de la chronique d une mort annoncée.
a écrit le 25/02/2013 à 12:04 :
Le développement des services à la personne ou autrement dit la domesticité : bienvenue dans le 19ème siècle.
a écrit le 25/02/2013 à 11:59 :
Bof, bof, c'est bien creux tout cela. Et dans les coupes à réaliser, si nous supprimions toutes les subventions aux médias ? Un média n'a de sens que s'il connaît une audience pérenne garantie par la qualité de son travail. Dans notre pays, il n'y en a pas. Un journaliste, c'est soit un type qui passe les plats au pouvoir, soit un chômeur. Je rappelle qu'au titre de la liberté de la presse, la France se place derrière le Niger.
a écrit le 25/02/2013 à 11:42 :
C'est patent, Hollande ne respecte rien, sinon par les faux-semblants. Nous n'avons vraiment pas besoin d'un comique à la tête de l'Etat.
a écrit le 25/02/2013 à 10:53 :
A lire les commentaires ?on doit se demander si c'est là l'avis de la majorité des français ! En tout cas la compétence à gouverner de ce gouvernement ( FH et JMA ) est maintenant un débat très ouvert Pour moi , c'est un désastre annoncé inéluctable et il faut que la France prenne seule la décision de "sortir" de ce "système" puisque les autres Pays n'osent pas le faire , soit par peur , soit par intérêt financier !
a écrit le 25/02/2013 à 10:28 :
Il n'a jamais commencé la première, verdict licencié, 1 chômeur de plus à Pôle Emploi. Se sont les banquiers qui dirigent et qui provoquent les crises, pour nous mettrent en esclavage.
Les Français qui disait "Théorie du complot, Théorie du complot" et bien maintenant le réveil va être très douloureux. La France crée 2 milliards de richesse par an et il n'y a pas d'argent pour payer les retraites, c'est une mascarade, l'élite veut s'approprier tout cette argent issu du labeur des travailleurs, c'est un scandale, une tromperie monumentale. Elle emprunte de l'argent virtuel sur les marchés et endette le pays et les générations futur, disons surtout les banques, et les politiques nous font payer le remboursement et les intérêts, alors que pour les crédits à la consommations, il spécifie "vérifié votre capacité à rembourser avant de contracter un crédit" une VRAI RIGOLADE. La France ne peut plus fabriquer sont propre argent avec 0% d'intérêt, ni la BCE prêter à 0% ?
C'est la mise en esclavage de toute l'Europe et le laboratoire des banquiers, avant il y eu l'Argentine..
http://www.agoravox.fr/actualites/europe/article/le-fesf-l-ue-et-la-banque-mes-le-97421
a écrit le 25/02/2013 à 10:20 :
la formation professionnelle francaise, c'est l'argent des syndicats! vous croyez quand meme pas qu'il va y toucher! ca serait comme reformer le 1% CE !!!! comment ils vont faire pour payer leurs chateaux sinon? ( http://www.lefigaro.fr/social/2011/12/06/09010-20111206ARTFIG00661-quand-la-cgt-mene-la-vie-de-chateau.php)
a écrit le 25/02/2013 à 9:43 :
L'Europe est dans une impasse: la réduction drastique des dépenses est aussi indispensable que mortifère. La dépendance de nos démocraties aux marchés financiers doit être soignée pour ce qu'elle est une dépendance. On le sait bien: le sevrage peut rarement être brutal sous peine de rejet plus grave que le mal. C est donc un "protoclo strict mais progessif qui nous conduira à la guérison.
Cela suppose que les commentateurs ne soient pas dans l'incantation de l'urgence...
a écrit le 25/02/2013 à 8:53 :
Sans oublier une fiscalité délirante qui diminue le pouvoir d'achat et le pouvoir d'investissement des français, avec fermeture d'usines et chômage à la clé ! C'est simplement mathématique!
a écrit le 25/02/2013 à 8:03 :
Pas plus pour 2014 ainsi que pour les autres années,nous allons à pas de course vers une catastrophe mondiale,mais nos politiciens pratique la politique de l'autruche en connaissance de cause.
a écrit le 25/02/2013 à 6:01 :
le seul évènement rassurant de ce début d'année,c'est l'épargne frençaise(collecte du livret a),bon sens franchouillard versus baratin politico-médiatique.Cependant le fossé ce creuse entre la population et les discours,juste pour metttre merckel en difficulté?drole de calcul
Réponse de le 25/02/2013 à 16:09 :
orthographe!
a écrit le 25/02/2013 à 4:44 :
Il va sauver la France et nos enfants. Mais il a besoin au moins de 2 mandats LOL
Hollande est l'avenir de la France, vive PS, vive Hollande
Réponse de le 25/02/2013 à 8:54 :
Chouette ! Tout ce qu'il touche, il le transforme en merde, même si c'est de l'or !
Réponse de le 25/02/2013 à 11:44 :
Deux mandats ! Vous me la baillez belle mon bon monsieur (ou dame) C'est sans doute de l'humour ! Si ce n'est pas le cas vous faites parti des ennemis du pays !!!
a écrit le 25/02/2013 à 2:48 :
FH: Fiscalement Honteux. Ce type n'a rien d'un president. Mais il a ete elu democratiquement grace aux medias. Franchement Honteux. 4 longues annees en perspectives...
a écrit le 24/02/2013 à 23:41 :
Hollande est incapable de changer quoi que ce soit, sans réforme de l'état en profondeur la France ne s'en sortira pas, il a aucun courage, la suppression du jour de carence des fonctionnaires en est une des preuves.
a écrit le 24/02/2013 à 23:17 :
Hollande doit penser à vider les lieux... avant que les extrêmes ne le vident de sa place !
a écrit le 24/02/2013 à 22:39 :
L'euro en l'état n'est pas viable.Il n'est pas au service des peuples mais de la finance et de la rente.La première partie du mandat Hollande donne un signal négatif. On ne peut créer un cadre propice en alourdissant la fiscalité des entreprises, en décourageant l'entrepreunariat, l'investissement et le travail. Il ne peut y avoir de croissance sans réformes structurelles et réduction des dépenses. L'avenir c'est la création de nouvelles technologies, l'industrie reste le creuset de l'innovation de la recherche et du développement. Pour cela il faudra une main-d'oeuvre qualifiée, de la formation, il faut réformer notre système scolaire, obsolète.La croissance ne se décrète pas, cela suppose aussi une dynamique des revenus des ménages et de l'état permettant de financer les services. Et la confiance.
a écrit le 24/02/2013 à 22:28 :
Eric Walther a plus que raison et "notre" président doit maintenant passer aux choses sérieuses. Ses mensonges et plus encore et surtout le fait que la France est "too big to fail" (2° économie de l'EU qui en cas de catastrophe emporterait tout avec elle) lui ont permis de "passer à travers les gouttes" en évitant les décisions sérieuses et en se complaisant dans la facilité des tours de vis fiscaux et dans la démagogie de dépenses nouvelles (emplois non productifs subventionnés; embauches de profs inutiles; cadeaux aux copains; encouragement de l'assistanat....etc...etc..). Il faut pourtant une véritable et ambitieuse réforme de l'Etat (sans oublier les collectivités locales pour supprimer redondances et sources d'inefficacités très coûteuses) et une réforme majeure de "la dépense" (orientations des aides et subventions; formation professionnelle; abrogation progressive des 35 h en commencant par les fonctions publiques pour économiser sur la masse salariale en ne remplacant plus des départs à la retraite pendant le temps nécessaire y compris et surtout dans l'éducation nationale.....etc...etc) mentionnées par Eric Walther et c'est elles qui permettront de dégager des marges à orienter vers les seuls secteurs productifs et porteurs aussi mentionnés partiellement dans l'Editorial. La grande question: sur la base de ces 8 mois de gouvernement "hollandais" est-il possible qu'un tel programme devienne d'actualité, même partiellement. Eric Walther ne nous dit pas s'il y croit. Pour ma part, je ne pense pas que "notre" président soit capable de sortir de ses mensonges, de sa démagogie clientéliste et de son "fond" doctrinaire. En d'autres terme le pire est devant nous et nous y sommes conduits "la fleur au fusil".
Réponse de le 24/02/2013 à 23:50 :
Mensonge un jour, mensonge toujours.
Réponse de le 25/02/2013 à 8:55 :
Parfois, il ne ment pas... il dit simplement des conneries !
a écrit le 24/02/2013 à 21:37 :
Hollande ne fera que ce que lui dictent ses amis Cayrol et Jaffré qui eux travaillent pour l'honneur de la démocratie c'est à dire "gratuitement" et bien planqués.
a écrit le 24/02/2013 à 21:04 :
On en revient au deficit democratique europeen. F H va donc appliquer une politique Eco, pour lequel ses electeurs ne se sont pas prononces.
C une erreur de penser qu un peuple va accepter des sacrifices imposes par l exterieur ( la mechante boche, ou les eurocrates ) .

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