Aïe aïe aïe, l’IA déraille !
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« Comment saboter un pipeline » ? Emmanuel Macron a-t-il lu le petit livre d'Andreas Malm où le chercheur vedette des écolos suédois -inspirateur des dégonfleurs de pneus de SUV en ville- défend et justifie la radicalisation des modes d'action contre le changement climatique ? La fermeté de la réponse de l'Etat aux violentes manifestations anti-bassines montre en tout une bascule dans ce qui pourrait ressembler à une forme d'éco-terrorisme. La montée de la révolte d'une partie de la jeunesse contre une agriculture intensive jugée écocidaire interpelle.
Face à ce qui commence à ressembler à une « guerre de l'eau », selon l'expression de l'écologiste Sandrine Rousseau, le chef de l'Etat a voulu montrer que les réformes continuent, envers et contre tout, en annonçant des mesures fortes pour économiser l'eau. Hélas, il ne suffit pas de dire que la France va passer de 1% à 10% d'utilisation des eaux usées (c'est plus de 15% en Espagne) pour convaincre les agriculteurs d'arroser les cultures avec de l'eau de pipi... Dans le brouhaha du moment, la parole du chef de l'Etat a dû mal à percer.
A défaut d'être un lecteur d'Andreas Malm, Macron a en tout cas bien écrit le scénario d'un autre film, que l'on pourrait intituler « comment saboter une réforme des retraites » ! Certes, la loi va probablement passer, à moins d'une censure globale par le Conseil Constitutionnel, mais elle va mal passer et laisser une amertume au mieux et un goût de cendres et de poubelles au pire à une société du travail profondément meurtrie. La première ministre qui reçoit mercredi 5 avril l'intersyndicale et les organisations patronales à la veille d'une nouvelle mobilisation parviendra-t-elle à renouer les fils du dialogue ? Avec une CGT chauffée à blanc par son congrès, d'où est sortie l'élection surprise de la première femme secrétaire générale, une petite révolution, ce n'est pas gagné.
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Sophie Binet, réputée plus modérée que Philippe Martinez, a affiché la couleur : « il n'y aura pas de trêve » sans retrait de la réforme. Exit l'espoir de Laurent Berger d'une pause et d'une médiation avant la décision du Conseil Constitutionnel. Médiation de toutes les façons refusée par Emmanuel Macron. Le président, qui avait autrefois l'espoir de se débarrasser des syndicats, a raté son coup : les adhésions affluent à la CGT et à la CFDT. Et la popularité de Laurent Berger atteint des sommets (selon Odoxa, 58% des Français ont une bonne opinion du leader de la CFDT soit +20 points par rapport à janvier) tandis que celle du chef de l'Etat s'enfonce...