Avec la pollution, il y a de l'électricité dans l'air

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(Crédits : Reuters)
Les pics de pollution persistant dans les grandes villes et le peu d'efficacité des mesures préconisées plaident en faveur d'une transition rapide vers des transports alimentés par l'électricité.

Les pics de pollution de l'air à Paris et dans d'autres grandes villes françaises représentent un des problèmes qui se posent aux responsables politiques. En cette année de campagne électorale, l'électeur aura tout le loisir de voir quelles sont les solutions proposées pour le résoudre.

En attendant, ces pics font tousser. Cette pollution, caractérisée par un cocktail de particules fines, de dioxyde d'azote et d'ozone, touche les plus fragiles d'entre nous, personnes âgées, malades et jeunes enfants.

Moins dangereuse qu'à Peshawar

Même si elle est chronique, tout dépend de la dose comme disait Paracelse, la pollution ne défraie la chronique que lorsqu'elle connaît des pics. Même si elle est loin d'être négligeable, il convient de rappeler qu'elle reste bien moins dangereuse que celle que subissent des villes comme Peshawar, New Delhi ou Shanghai.

Evidemment, il ne s'agit pas de dire que la qualité de l'air n'a pas d'importance, bien au contraire. Mais l'air est par définition un de ces biens communs auquel on ne prête aucune attention jusqu'au jour où sa qualité se fait plus rare. C'est ce qu'en économie, on appelle une "externalité négative", qui désigne le bénéfice que retire un acteur de son activité en faisant supporter une partie du coût aux autres.

En l'occurence, les automobiles et le chauffage des particuliers sont les principales causes d'émissions de particules fines, autour de 30 % chacune. La circulation alternée des véhicules décidée par les pouvoirs publics - qui fait appel au sens civique des utilisateurs, les contrôles et les amendes étant surtout symboliques - a réduit d'à peine 6% la pollution à Paris et ses environs immédiats. Quant au recours aux transports en commun, outre un parc d'autobus fonctionnant majoritairement au diesel et des métros qui en freinant produisent un volume important de particules fines nocives, les usagers ont dû composer en région parisienne avec un arrêt de la circulation du RER B - la deuxième ligne la plus fréquentée en Europe - de plusieurs  heures le 7 décembre, tandis qu'à Lyon les syndicats ont lancé un appel à la grève dans les transports communs!

Le chauffage au bois particulièrement polluant

Quand au chauffage des particuliers, le consommateur doit arbitrer jusqu'où il supporte le froid en fonction de son civisme. Et les quelques mesures qui ont été préconisées n'ont pas fait long feu. Ainsi le chauffage au bois, qui émet en brûlant un volume important de particules fines, devait être interdit en 2015 à Paris. Mais la ministre de l'Environnement, Ségolène Royal, a annulé cette mesure jugée « ridicule » préférant visiblement le charme du feu de cheminée.

Dans cette affaire, c'est surtout les solutions qui s'inscrivent dans le long terme qui importent. Certains élus s'en préoccupent. Comme il est difficile d'agir directement sur l'anticyclone, la solution consiste à trouver une substitution énergétique pour les voitures et le chauffage.

La Mairie de Paris - et les grandes villes suivront - va bannir dès janvier prochain les automobiles les plus polluantes. Mais c'est tout le parc automobile, majoritairement équipé de moteurs diesel et essence, qui va devoir se transformer pour laisser la place aux véhicules électriques ou du moins hybrides. Les constructeurs comprennent que c'est le sens de l'histoire, et les uns après les autres investissent de plus en plus dans ce secteur d'avenir. Il en sera de même avec le chauffage urbain, qui grâce à la ville intelligente va économiser l'énergie et rendre son utilisation plus efficiente.

Un bon thème pour la campagne présidentielle

Ce qui pose la question de la production et fourniture massive d'électricité dans les prochaines années. A court terme, les renouvelables sont dans l'incapacité de fournir un tel volume. Il reste soit les énergies fossiles, le moins cher étant le charbon, et le plus polluant, c'est le choix qu'a fait l'Allemagne, soit l'énergie nucléaire, c'est celui qu'a fait la France, pour le moment. Gageons que le thème va revenir dans la campagne de la présidentielle 2017.

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Commentaires
a écrit le 11/12/2016 à 19:44 :
Vous en faites pas pour la pollution... Aujourd'hui elle est là mais pour organiser les JO et gérer la préparation, construction et accueil (surplus d'avions, taxi...) là y en aura plus du tout. Puis quand ce sera fini, retour à la normal avec circulation alternée...
a écrit le 10/12/2016 à 12:26 :
L’électricité fait partie des solutions, pour le transport et pour le chauffage.
Le problème est celui de son prix et il suffit de voir l'impact financier extrêmement négatif du chauffage électrique. Alors qu’on est en France dans un cotexte extrêmement favorable, de centrale nucléaires amorties depuis longtemps et encore productives. Cela ne va pas durer, vu le prix de la sécurisation des vieilles centrales. Les nouveaux projets ne semblent pas compétitifs, estimés à terme à 80 € le MWh.

Le prix du KWh électrique ne sera viable qu'à condition d'utiliser des ressources naturelles et non polluantes.
Étant donné la baisse constante du prix du KWh solaire, cette énergie est certainement celle de l'avenir. Le seul problème à résoudre est celui du stockage et ce n'est qu'une question de temps, vu les investissements en RetD dans ce domaine.

En attendant, il faut en premier lieu en réduire le gaspillage.
D’où la logique d'utiliser et d'optimiser prioritairement des ressources locales, pour éviter les pertes réseau et coordonner plus rationnellement l'offre et la demande. Tout en se préparant à la montée en charge (joke) des véhicules électriques. C'est le rôle et l’objectif des gestionnaires du réseau.
Réponse de le 10/12/2016 à 17:19 :
"Velka" , tout à fait d'accord avec vous mais juste un bémol : celui d'une de prise en compte insuffisante des coûts de démantèlement de ces réacteurs qu'il faudra bien un jour démonter et donc assumer financièrement !
Quant aux déchets hautement radioactifs , encore une belle ardoise que l'on se contentera d'enfouir profondément en espérant les oublier pendant quelques générations avant que ...
D'autre part la parité éolien/nucléaire est quasiment d'actualité puisque les tarifs s'élèvent à 80 €/MW pour EOLE et à ... 110 €/MW pour le futur EPR Henkley point.
Je n'ose imaginer la probabilité d'un accident majeur dont les coûts seraient insupportables pour nos démocraties ( CF Fukushima au Japon dont l'ardoise a été réévaluée à plus de 170 MILLIARDS d'Euros).
Quant au stockage de l'électricité , il y a ce beau projet en cours d'expérimentation dénommé "volt-gaz-volt" qui consiste à transformer l’électricité produite abondamment par l'éolien et le solaire en certaines périodes ( par principe intermittents mais PRÉVISIBLES) en ... gaz par électrolyse : http://lenergeek.com/2016/09/05/le-gaz-vert-une-solution-pour-le-stockage-des-energies-renouvelables/
Rappelons que les seules énergies stockables sont le gaz et l'hydraulique.
Si nos élus mais également la majorité de la population pouvaient imaginer l'avenir autrement que par les énergies fossiles et l'insouciance énergétique , nous aurions fait un pas ... vers l'optimisme retrouvé !
Réponse de le 11/12/2016 à 17:29 :
Stockage souterrain de l'air comprimé
Hydrogène, mais pas pour des véhicules individuels
Batteries, à perfectionner ou même à révolutionner. Ex. découverte Université de Californie par Mya Le Thai.

Et ce sont surtout les infrastructures qui vont changer, avec une répartition des réseaux et des productions. Chaque région, aglo, village, quartier, etc... adaptera ou adoptera le modèle adapté aux ressources de production et aux consommations.

Au niveau des sources de production, le solaire va se généraliser, car les prix de revient vont encore chuter. Déjà actuellement le prix du KWh PV est inférieur (pour les centrales de plusieurs MW situées dans le sud) à l’éolien et au nucléaire. Il est évident que le nucléaire civil est déjà hors jeu. Le problème est qu'il va continuer à couter cher pendant au moins des décennies et que le risque est de voir la maintenance et la sécurité
sacrifiées pour des raisons budgétaires.

On risque un effet oiseaux ou les nouvelles sources de production devront assurer des prix bas et aussi la sécurité et le démantèlement des vieux réacteurs.
a écrit le 10/12/2016 à 10:33 :
En terme de santé , ce n'est pas d'abord l'intensité à l'exposition du risque qui contribue au mal mais sa durée d'exposition !
Pollution atmosphérique et pollution de notre nourriture ont le même point commun : malmener notre santé et faire flamber le nombre de pathologies classées ALD (Affections de Longue Durée) qui rongent les comptes de la Sécurité Sociale à hauteur de 64 % des dépenses totales ( chiffres 2015) !!!
A ce rythme , nous ne pourrons bientôt plus rembourser faute de réelle stratégie de prévention.
L'aspect exacerbé des phénomènes de pollutions fragilise encore plus les populations âgées , jeunes et malades dont les organismes sont soit fatigués soit non matures.
On parle donc de terrain favorable.
L'action doit s'établir dans la durée avec le courage politique à la clef mais aussi les comportements individuels en adéquation.
Sans jeu de mot aucun (quoique) , nos poumons sont de gauche et de droite et ne méritent pas les débats voire querelles stériles entre les camps politiques .
L'intérêt général mérite mieux !
J'en veux pour exemple le différentiel prix gasoïl/essence ( environ 15 centimes) est scandaleusement injustifié surtout en ces temps de pénurie budgétaire.
N'oublions pas que nous parlons d'un produit IMPORTE à 100% : le pétrole.
Toutes les études médicales prouvent que ce carburant , certes constituant un concentré d'énergie et de plus moins riche en gaz carbonique ( comparativement à l'essence) constitue à la combustion un quasi scandale sanitaire !
Nous sommes LE SEUL PAYS AU MONDE A AVOIR AUTANT GÉNÉRALISÉ CE RISQUE alors que d'autres pays l'ont quasiment banni (cf Tokyo au Japon par exemple)
Dans le même temps , les carburants alternatifs comme le GNV et le GPL sont superbement ignorés alors qu'ils sont dépourvus de particules et autres substances dangereuses pour nos organismes !
Les transports en commun si décriés en temps normal sont parés de vertus lors des pics de pollution mais le reste du temps taxés de coûter horriblement chers sans prendre en compte le solde avantages/inconvénients.
Il en est de même des énergies renouvelables.
Même si elles coûtent de moins en chers (rappelons que nous sommes proches de la parité prix entre combustibles fossiles et énergies renouvelables) , nous sommes nombreux à oublier qu'il n'y a pas de guerres pour obtenir du vent , du soleil , de la géothermie ou de la biomasse !!!
Comparativement , la seule guerre en Irak lancée par les USA est estimée à 1500 MILLIARDS de Dollars ... pour mettre la main sur la deuxième réserve de pétrole prouvée au monde ( or noir décliné ensuite en gasoïl , en essence , en kérosène,...)
Où sont les réelles stratégies inscrites dans la durée et non le court terme ?
Où est la pédagogie des populations à tous les moments de leur vie (scolarité, vie professionnelle, vie citoyenne, ...) ?
La passion nous anime plus que nos actes.
Beaucoup critiquent l'Allemagne mais oublient que rapportée par habitant , notre consommation d'énergie finale est supérieure à celle des Allemands qui pourtant ont conservé une grande partie de leur industrie placée sur le haut de gamme.
Même leur part modale dans le FRET FERROVIAIRE est le double de celle de la France ! La France ( toujours contrairement à l'Allemagne) , c'est le pays où les camions de tous pavillons sillonnent les périphériques des villes ... gratuitement ( en dehors des autoroutes à péage) faute d'ECOTAXE !
Notre pays est devenue un pays de consommateurs dépendant des autres ( Chine , Allemagne entre autres) où l'insouciance énergétique est reine , où seules les batailles de chiffonniers ont droit de cité en oubliant l'essentiel : l'avenir dans un environnement sain !
La fameuse TRANSITION ÉNERGÉTIQUE est la seule solution à nos maux et apporterait l'avantage de créer nombre d'emplois et de donner véritablement de l'optimisme aux citoyens dont nous avons véritablement besoin.
Allier l'économie à la fiscalité écologique , au pragmatisme et à l'avenir de nos enfants , tels sont les enjeux d'aujourd'hui.
Mais sommes nous prêts à l'entendre et surtout à passer à l'acte ?
a écrit le 10/12/2016 à 9:53 :
Ce raisonnement n'est valable que si l'on part du principe que la pollution est majoritairement causées par les transports. Ce qui apparemment n'est pas du tout le cas... La prise de mesures coercitives pour contraindre ce secteur n'aura forcément au final que des résultats decevants. Mais on voit bien que c'est un sujet éminemment politique manipulé par certaines officines en quête de notoriété.....
a écrit le 10/12/2016 à 7:49 :
Il faut mettre les grandes vacances en hiver. La climatisation est plus facile à alimenter avec l'énergie solaire au mois d'aout.
a écrit le 10/12/2016 à 7:49 :
Le renouvelable est loin d'être gratuit : si c'était le cas, le prix de l'électricité en Allemagne ne serait pas le double de celui en France
Réponse de le 11/12/2016 à 23:55 :
La réalité est que le prix de l'électricité en Allemagne est similaire à celui en France pour les entreprises. Qu'il commence à baisser pour les particuliers alors que le nôtre va augmenter durablement à cause du nucléaire, démantèlements et déchets de durée de plus de 100.000 ans.
a écrit le 10/12/2016 à 7:47 :
Non les renouvelables ne sont pas capables de produire le volume nécessaire supplémentaire : lorsqu'il y a un anticyclone en hiver il n'y a ni le vent ni le soleil nécessaire pour produire. Dans ces conditions, il faudra du thermique qui est le seul capable de répondre rapidement à la demande ou du nucléaire mais alors en base (car manque de souplesse) et alors pas de renouvelables
La physique et la logique sont deux choses irrécouvrables pour l'instant avec notre besoin gigantesque d'énergie et d'approvisionnement en temps réel
Réponse de le 12/12/2016 à 0:14 :
Les renouvelables sont bien plus que largement capables de fournir toutes les demandes d'énergies primaires (pas seulement électrique) de la France comme du monde. Et l'éolien et le solaire se complètent très bien et comme pour le nucléaire avec une part de stockage répondent parfaitement à la demande, sans déchets ni risques et de manière quasi 100% recyclable. Informez-vous mieux. Météo France peut vous confirmer qu'il n'y a jamais eu d'absence de vent sur l'ensemble de la France et actuellement nous sommes sur le réseau ENTSO-E qui va jusqu'à la Russie à l'Est et au delà des pays d'Afrique du Nord au Sud, il y a souvent des surproductions plutôt que l'inverse. regardez également l'évolution du stockage et les stratégies en cours sur ce thème, vous verrez que vous avez du retard dans vos informations faute de travailler assez ces sujets. .
a écrit le 10/12/2016 à 3:20 :
et les flics vont se faire un bon noêl avec toutes les primes qu'ils vont toucher : ils pourront se payer des appartements sur notre dos !!!!!!!
a écrit le 10/12/2016 à 2:02 :
Les renouvelables sont tout à fait en mesure de fournir les capacités nécessaires, sans risques, sans déchets et à coût compétitif rapidement amorti puisque la ressource est gratuite. Nombres d'universités et d'organismes spécialisés le prouvent. Comme il avait été démontré que les véhicules électriques avait un intérêt évident et que l'on était en mesure de résoudre les verrous technologiques, ce qui n'est pas le cas pour la génération 3 nucléaire dont les problèmes de risques et déchets de plus de 100.000 ans de durée de vie sont insolubles, sauf à passer à la génération 4 et filière thorium qui n'est pas compétitive : https://twitter.com/SolutionsProj
Réponse de le 10/12/2016 à 18:55 :
Désolé, mais les renouvelables ne sont pas en mesure de fournir l'électricité nécessaire, le solaire ne marchze pas la nuit et l'éolien seulement quand il y a du vent soit 20% du temps.
Réponse de le 12/12/2016 à 0:02 :
Les renouvelables sont bien plus que largement capables de fournir toutes les demandes d'énergies primaires (pas seulement électrique) de la France comme du monde. Et l'éolien et le solaire se complètent très bien et comme pour le nucléaire avec une part de stockage répondent parfaitement à la demande, sans déchets ni risques et de manière quasi 100% recyclable. Informez-vous mieux.

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