L'enjeu de la révolution des algorithmes est plus éthique qu'économique
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Photo d'illustration
Reuters
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Photo d'illustration
Reuters
Les crises sont propices à l'accélération de changements. Ainsi, à la faveur de la préparation de la sortie de crise sanitaire, nombre d'États ont préparé des plans de relance pour accélérer la reprise économique. Outre des montants qui se chiffrent en centaines de milliards, ils ont pour point commun d'investir prioritairement dans la transition énergétique - les fameux "green deal" - pour lutter contre le réchauffement climatique mais aussi dans l'accélération de la numérisation de l'économie, par le recours massif à l'Intelligence artificielle (IA), ses algorithmes et ses robots.
Deux mouvements majeurs qui vont remodeler l'économie mondiale et réorganiser le monde du travail. L'une des craintes est que la robotisation rapide débouche sur un chômage massif. Or ce n'est pas ce qui est constaté. Certes, des métiers pénibles et répétitifs vont être supprimés, mais la robotisation permet aussi d'augmenter la productivité et de réduire les coûts, et crée aussi de nouveaux emplois que l'on ne soupçonnait pas. Le seul risque, important, est d'accroître les inégalités entre les travailleurs sous-qualifiés - les plus exposés - et ceux qui sont bien formés. Le Japon, Singapour et la Corée du Sud, qui comptent parmi les pays qui en pointe dans la robotisation, n'ont pas de taux de chômage élevés.
Pour autant, les investissements publics dans cette numérisation vont davantage compenser le ralentissement mis sur ce secteur durant la pandémie, comme l'indique la baisse de 5,5% des ventes en 2020 de l'entreprise américaine Rockwell Automation, qui compte parmi les premiers fournisseurs mondiaux de robots.
La pandémie aura aussi montré tout l'intérêt d'avoir des robots pour réaliser certaines tâches en offrant une protection sanitaire durant ce type de crise, les robots à la différence des êtres humains ne propageant pas le virus.
À lire également
C'est d'ailleurs à partir d'un tel exemple que le philosophe franco-canadien Martin Gibert, chercheur au Centre de recherche en éthique (CRÉ) et à l'Institut de valorisation des données (IVADO) à Montréal soulève les problèmes posés par le développement des algorithmes est éthique avant d'être économique.
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.
