LA CHRONIQUE DE DOUGLAS KENNEDY - Élection américaine : qui va gagner ?
Par Douglas Kennedy, écrivain
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Retrouvez chaque semaine la chronique de Douglas Kennedy.
LTD/Fabien Clairefond
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J'ai plusieurs amis qui, à l'approche de cette élection si angoissante (dont les enjeux sont véritablement considérables), sont devenus obsédés par les sondages. Ils errent sur le Web tous les jours pour essayer de se rassurer, en s'efforçant de rester optimistes quand Trump gagne un point ou deux dans certains États cruciaux (Arizona, Géorgie, Caroline du Nord). À l'inverse, le moindre signe d'une remontée de Kamala Harris est accueilli avec le soulagement nerveux de quelqu'un qui vient de passer un scanner et à qui on annonce que son cancer est en rémission.
Le sous-texte étant : va-t-on réussir, comme en 2020, à éliminer la tumeur maligne qu'est Trump ? Ou bien cet homme, qualifié de « dictateur en puissance » par son ex-chef d'état-major (ancien militaire, aussi conservateur qu'on peut l'imaginer), réussira-t-il à rééditer sa victoire surprise de 2016 ?
Je me souviens parfaitement de ce jour, il y a huit ans, où personne à part moi, à la soirée électorale où j'avais été invité, ne croyait que Trump pouvait réaliser l'impensable et l'emporter. Le traumatisme de sa victoire fut d'autant plus éprouvant qu'on ne s'y attendait pas, les Américains des milieux progressistes et cultivés s'étant largement trompés sur la température politique du pays.
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Cette fois, nous savons tous quel genre de président serait Trump s'il était réélu - surtout avec un vice-président (J.D. Vance) dont la misogynie et le catholicisme intégriste en font une force de régression sociale. Et l'instabilité croissante de Trump - sans compter ses menaces de punir ses ennemis, et même son admiration récemment exprimée pour un certain Adolf Hitler - rend cette élection encore plus terrifiante.
Par Douglas Kennedy, écrivain