Mouton à cinq pattes
Bruno Jeudy, directeur délégué de la rédaction
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Une semaine après le second tour des législatives, la confusion règne au point de rendre le pays ingouvernable. Pour reprendre le titre d'un célèbre roman, la dissolution a généré 50 nuances de gris, de cris et de bris ! On comprend dès lors - tous les sondages le confirment - le mécontentement et même le désarroi des Français face à un tel désordre. Aucun camp politique n'est épargné par la déflagration qu'a provoquée la grenade dégoupillée par l'artificier de l'Élysée.
Victoire à la Pyrrhus, succès au goût amer, autant d'expressions qui définissent la situation paradoxale dans laquelle se trouvent les forces politiques. Si le Nouveau Front populaire peut se targuer d'occuper la première place par le nombre de députés, avec des socialistes ragaillardis, des Verts reverdis et les Insoumis en groupe le plus puissant, il ne parvient pas à masquer les divergences idéologiques et programmatiques et des bisbilles entre ses figures de proue.
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Trouver le candidat idéal au poste de Premier ministre revient à découvrir le mouton à cinq pattes ! À chaque jour son nouveau nom... Le camp présidentiel se réjouit d'être ce fameux bloc central qui permettrait alliances et coalitions, gage d'une majorité absolue ou relative. Ce serait oublier la cuisante défaite des européennes, confirmée par la perte de 90 députés un mois plus tard. Et surtout le groupe Renaissance s'apparente davantage à un conglomérat en perte de repères, avec nombre d'élus qui doivent leur survie au désistement de candidats de gauche et de LFI en particulier. La guerre des chefs s'est accélérée et rappelle que la mouvance macronienne est née de ralliements et de débauchages. Avec la fin du quinquennat, Renaissance risque de disparaître.
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