« Succession : la nouvelle saison » (par Marc Fiorentino)
Marc Fiorentino

Retrouvez chaque semaine la chronique de Marc Fiorentino.
LTD/Fabien Clairefond
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Il y a deux séries Succession. Celle de HBO. Achevée après quatre saisons. Et la version française. Celle des droits de succession. Et là, on ne compte plus les saisons. Mais je peux déjà vous annoncer qu'il y aura une nouvelle saison. Et ce n'est pas une bonne nouvelle. Oui, je sais. Le gouvernement Barnier ne s'est pas attaqué aux droits de succession. Pas encore. Mais ce n'est qu'une question de mois. Et des amendements ont déjà été adoptés cette semaine pour alourdir la fiscalité sur l'assurance-vie.
Alourdir la fiscalité sur les successions est une obsession politique française. Une obsession qui rapporte gros. Et une façon, une fois de plus, de taper sur les « riches ». Peu importe que l'argent des successions ait déjà subi l'impôt à plusieurs reprises : dans l'ambiance actuelle, cet argument est inaudible.
Et pourtant, même dans un pays fondamentalement égalitariste, trois quarts des Français jugent que la taxation des successions est trop élevée. Il est vrai que la réalité est brutale. Une fois de plus, nous sommes sur le podium. Nous sommes le premier pays de l'OCDE pour la part des recettes en droits de succession. En 2023, 16,6 milliards d'euros de recettes ont été encaissés par l'État, soit une multiplication par deux depuis 2011.
Et compte tenu des décès à venir parmi les baby-boomers, l'addition va être de plus en plus salée. Leur nombre progresse fortement chaque année. Et les taux de taxation peuvent monter jusqu'à 60 %. Alors, une fois de plus, inutile de vous lamenter. Vous ne pourrez pas lutter... si vous avez encore la force de lutter. Vous pouvez retarder le moment fatal en améliorant votre alimentation et en pratiquant une activité sportive, mais l'issue est connue par avance.
Cherchons plutôt ensemble des solutions pour alléger le coût de la succession. Et les solutions existent. Elles sont nombreuses : notre bonne vieille assurance-vie, ce couteau suisse du placement ; l'incontournable plan d'épargne retraite ; les contrats de capitalisation ; ou encore, plus exotique mais « green », le groupement forestier d'investissement. Sans oublier les donations qui permettent des abattements, et notamment la donation « démembrée », un terme effrayant pour une pratique pourtant très attractive.
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Comme pour la retraite, la clé d'une succession réussie est la préparation. Personne n'a envie de penser à son décès, et pourtant il faut l'anticiper. Prenez le temps de l'organiser. Renseignez-vous. Consultez éventuellement des conseillers spécialisés. Contactez un notaire si votre situation patrimoniale ou familiale est complexe. Vous devez le faire. Ce n'est pas en option. Vous vous devez d'utiliser les moyens qui existent pour optimiser votre succession et transmettre à vos enfants, petits-enfants et autres membres de votre famille la part la plus importante possible du fruit de votre travail. Comme disait Coluche : « Si j'ai l'occasion, j'aimerais mieux mourir de mon vivant. » Organiser sa succession est la meilleure façon de rester vivant, avant... et après sa mort.
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