Tony Estanguet Premier ministre !
Bruno Jeudy

Bruno Jeudy.
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Plus rassembleur, tu meurs. Patron du Comité d'organisation de Paris 2024, Tony Estanguet touche au but. Neuf ans à esquiver les récifs d'un parcours rempli de chausse-trapes, de vaines polémiques et de susceptibilités entre les différents acteurs politiques, le triple champion olympique de canoë aura tenu le cap. Avec une bonne dose de sang-froid, un sens du compromis évident et une séduisante bienveillance, il aura réussi à mettre tout le monde d'accord. Un exploit dans le pays de la discorde nationale.
Évidemment, certains moquent sa personnalité lisse, mais il en fallait, de la patience, pour arrondir les angles entre Emmanuel Macron, Anne Hidalgo, Valérie Pécresse et la kyrielle de ministres des Sports (cinq avant Amélie Oudéa-Castéra) qui se sont succédé depuis le début de l'aventure. Tony Estanguet n'aura jamais perdu son calme olympien.
Avant même le début des épreuves, le voilà récompensé. Parmi les acteurs des Jeux, il est le seul à obtenir, selon un sondage Ifop, la confiance des Français (55 %), loin devant le ministre de l'Intérieur et le chef de l'État. Force tranquille de l'olympisme, ce natif de Pau a su rester au-dessus de la mêlée politique et préserver ce trésor des JO de Paris, de retour dans l'Hexagone après un siècle d'attente. Il lui reste à transformer cette efficace organisation en un moment de ferveur nationale, et il accédera au rang de héros des JO. Pas mal dans un pays qui ne parvient même plus à se trouver un Premier ministre !
Votons donc la confiance pour les JO. Le 26 juillet, jour de la Sainte-Anne - ça ne s'invente pas -, espérons que nous verrons venir ou plutôt revenir la flamme de l'insouciance et de l'enthousiasme chez nos compatriotes pour la cérémonie d'ouverture. Certes, le climat politique, les menaces terroristes, les problèmes économiques peuvent inciter à la morosité et à l'inquiétude, mais il faut compter sur la capacité de tous les responsables à faire une trêve dans les querelles et les arrière-pensées. En e et, le respect constitue l'un des piliers de l'olympisme. L'amitié en est l'une des autres valeurs. Qui n'a jamais vibré au spectacle d'un 100 mètres de natation ou aux derniers hectomètres d'un marathon ? Les émotions partagées abolissent les différences d'opinions, de classe sociale et d'origine.
N'oublions pas enfin le dernier socle associé à l'olympisme : l'excellence. Ce serait faire injure à tous ceux qui ont préparé cet hymne au sport et à la fraternité que de nier la qualité des infrastructures, l'investissement de ceux qui vont concourir à l'organisation et à la sécurité des JO. Laissons le dernier mot à Pierre de Coubertin : « Le sport va chercher la peur pour la dominer, la fatigue pour en triompher, la difficulté pour la vaincre. » Si les Français parviennent à dépasser les peurs et les di icultés, ils mériteront assurément la reconnaissance... des dieux de l'Olympe.
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