Pari Obama

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Un chèque de 1000 dollars pour 95% des familles américaines, la rénovation de 75% des bâtiments de l'administration. Avec le plan de relance présenté hier, Barack Obama y va fort, Erik Izraelewicz ?

Oui, bien plus fort que ses homologues, européens ou asiatiques. Le plan Obama, c'est près de 800 milliards de dollars. C'est le plan le plus massif, le plus exhaustif, le plus impressionnant présenté à ce jour dans le monde ! Et c'est normal. La crise, elle vient des Etats-Unis : l'Amérique, c'est l'épicentre, le noyau, la source principale du séisme actuel. C'est là-bas que la récession y est déjà la plus avancée, la plus avérée. La production y est en chute libre. La consommation n'a jamais été aussi faible depuis quarante ans. Le chômage est en train d'exploser. Il pourrait atteindre les 10% de la population active. Beaucoup plus qu'en Europe, il y a donc aux Etats-Unis urgence, nécessité même de frapper fort...

Le choix d'Obama, c'est une relance par la consommation ?

Non, c'est une relance équilibrée - une relance à la fois par la consommation et par l'investissement. Il y en a pour les deux. La consommation : c'est l'objectif de ce chèque de 1000 dollars que va recevoir, rapidement, chaque famille de la classe moyenne. C'était d'ailleurs l'une des promesses du candidat Obama pendant la campagne.

Son choix, c'est de soutenir aussi l'investissement. Plus de la moitié du plan présenté hier est destiné à moderniser les infrastructures dans le pays : les écoles, les hôpitaux, le réseau Internet, etc... C'est aussi un grand programme en faveur des énergies nouvelles. La production d'énergie nouvelle doit doubler aux Etats-Unis dans les trois années à venir, a d'ailleurs expliqué le président élu hier.

Le déficit fédéral va exploser, la dette de l'Etat aussi, non ?

Oui, à grande échelle même. Le déficit pourrait dépasser cette année les 10% du produit intérieur brut ! Avec nos seuils de 3%, en Europe, on fait petit bras ! Aux Etats-Unis, on a en fait toujours vu les choses en grand ! On ne change pas.

Y-a-t-il alors un risque de voir l'Etat américain en faillite, en cessation de paiement... Ce risque est faible, quasi-nul même. Avec ce méga-plan, avec les armes déployées par la banque centrale aussi, il ne serait d'ailleurs pas surprenant de voir en réalité et assez vite l'économie américaine rebondir. Cette capacité de rebond, cette plasticité de l'économie américaine, c'est l'une de ses forces. Quand elle plonge, l'économie américaine plonge « grave », comme on dit maintenant. Quand elle rebondit, elle peut rebondir rapidement ! C'est le pari du plan Obama. Il n'est pas perdu d'avance, loin de là ! On a de toutes façons tous intérêt à ce qu'il soit un pari gagnant.

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