Prime à la casse : on rempile

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La prime à la casse, ça marche. Grâce à elle, le marché automobile français résiste bien. Cette prime devait s'arrêter à la fin de l'année. Elle pourrait être prolongée jusqu'en 2011. Une bonne nouvelle...

Non, pas vraiment ! D'abord, pourquoi 2011 ? En 2012, il y a des élections, présidentielles. 2011, ce ne sera sans doute pas le bon moment pour arrêter ce  cadeau de l'Etat aux Français qui achètent des petites voitures. Alors, on prolongera encore un peu. Bref, cette prime, au départ, elle devait être provisoire - un an. Le temps de la crise. Pour soutenir une industrie défaillante, pour préserver des emplois industriels nombreux. Eh bien, cette prime, on le voit, on le sent, elle pourrait devenir... éternelle !

Alors, bien sûr, cette prime, c'est un grand succès. Elle a dopé le marché français. Elle a permis l'achat de 330.000 véhicules depuis le début de l'année. Un sacré bol d'oxygène pour Renault et Peugeot, pour leurs salariés, en France et à l'étranger. Un succès qui a conduit plein de pays, dans le monde, à s'en inspirer - l'Allemagne, les Etats-Unis, d'autres encore...

En Allemagne, pas question de la prolonger. Aux Etats-Unis, elle n'aura duré qu'un mois...

Oui. Et c'est bien là qu'est le problème.

Cette prime, d'abord, elle coûte cher au budget de l'Etat. Elle vient ensuite s'ajouter à une autre prime, le bonus du bonus-malus, qui existe déjà - qui, lui aussi, coûte cher. Cette prime, c'est finalement une subvention à un produit, l'auto, dont on ne voit pas pourquoi il devrait être aidé éternellement ! Pourquoi la voiture et pas la baguette de pain, le livre ou le téléphone portable !

La difficulté, c'est d'arrêter ce genre de prime. Avec la juppette et la balladurette, on sait ce qu'il en est. Y mettre fin, ça peut conduire à un effondrement du marché. Le gouvernement choisit donc la facilité, le prolongement de la prime - notre industrie va s'habituer à vivre sous perfusion, à vivre de subventions. Ca, ce n'est jamais bon.

Le provisoire qui dure aussi, on connaît...

C'est, plus généralement, le grand risque de cette sortie de crise. Pour soigner notre économie, l'Etat lui a infligé, à titre provisoire, un grand nombre de médications. Il a créé la prime à la casse, le médiateur du crédit, le fonds de soutien aux banques, le grand emprunt, d'autres dispositifs encore... Le risque, c'est qu'une fois la crise passée, il n'ait pas le courage de les supprimer, que la France s'installe finalement dans une nouvelle forme d'économie administrée.

Avec la crise, on a donné des cannes au malade, à l'économie française dans son ensemble, pour qu'elle puisse marcher. Au lieu de l'aider à retrouver son autonomie, à marcher seul, on va la laisser s'habituer à ces cannes - au point de ne plus pouvoir les lui retirer. Pas sûr que tout cela, ce soit la meilleure chose pour notre économie.

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