Dîner "baroque" chez le président Klaus

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Le chef de l'Etat Vaclav Klaus a convié jeudi soir à sa table toute l'Eurasie, Chine, Inde et Iran exceptées, dans le décor viscontien du sublime palais présidentiel de Prague.

Imaginez plutôt la tablée. D'un côté, la "Troïka européenne", autrement le trio Javier Solana  (haut représentant pour la politique étrangère et de sécurité), Alexandr Vondra, le vice-premier ministre de la République tchèque (qui préside l'UE jusqu'au 30 juin) et la commissaire en charge des relations extérieures Benita Ferroro-Waldner. De l'autre, le représentant des Etats-Unis pour la politique de l'énergie, l'ambassadeur Richard Morningstar, un envoyé de Moscou, des représentants de la Turquie, des républiques d'Asie centrale (Kazakhstan, Ouzbekhistan), de l'Irak, de l'Egypte, ainsi que des six pays avec lesquels l'Union européenne doit signer ce jour son "partenariat oriental", à savoir les trois républiques caucasiennes, la Biélorussie, la Moldavie et l'Ukraine. Tous ces hôtes réunis au titre de la présidence tchèque de l'Union européenne autour d'un président, Vaklav Klaus, fondamentalement hostile à l'intégration européenne et qui menace de prendre à contrepied son propre parlement au sujet du traité de Lisbonne. Le tout, pour un dîner "informel" comme les diplomates nomment pudiquement les rencontres (informelles mais pas forcément décontractées) dépourvues d'ordre du jour prédéfini.

Comment en est-on arrivé à un tel tour de table? En fait, la soirée additionne les invités de deux sommets distincts, quoique non sans lien : celui qui a vu la signature du "partenariat oriental" le 7 et celui, le 8, du "corridor Sud", autrement dit l'ensemble des pays grâce auxquels l'Union européenne espère s'ouvrir l'accès aux ressources énergétiques de la Caspienne, de l'Asie centrale et du Proche-Orient. Sachant en outre que "le fantôme russe plane forcément quand on parle énergie dans la région", comme le note un diplomate, il fallait également que le Kremlin soit présent. Et qu'enfin on ne pouvait associer les Russes sans convier les Américains. D'où la venue de Richard Morningstar.  Une réunion "baroque", prévoit un diplomate. Il reste à espérer qu'elle serve la diplomatie de l'Union européenne et la cause de sa sécurité énergétique.

F.A.

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